Vies infimes, vies infâmes - Quelques réflexions sur la photographie queer
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Cette
conférence interroge les régimes de visibilité qui ont historiquement
façonné, et continuent de déterminer, la présence dans l’image photographique
des minorités de genre. L’effacement archivistique et la raréfaction des
sources visuelles coexistent paradoxalement avec une hypervisibilité
stéréotypée. Face à ces assignations, des pratiques émancipatrices :
autoreprésentation, archives communautaires, détournement des codes visuels,
reconfigurent le rapport au médium. Il s’agit ainsi de mettre au jour les
mécanismes par lesquels la photographie, loin d’être un simple vecteur de
représentation, participe activement à la construction sociale des identités
de genre et peut, selon ses usages, reconduire les normes ou devenir un outil
de réappropriation subjective.Hélène Giannecchini est une écrivaine, théoricienne de l’art et commissaire d’exposition française. Docteure en littérature, elle est spécialiste des relations entre le texte et l’image, ainsi que de l’histoire de la photographie et de l’art contemporain. Elle a consacré une partie importante de ses recherches à la photographe et écrivaine Alix Cléo Roubaud, dont elle a notamment dirigé une grande rétrospective à la Bibliothèque nationale de France en 2014. Elle a enseigné la théorie de l’art contemporain à l’École européenne supérieure de l’image. Elle a été pensionnaire de la Villa Médicis (2018−2019) puis résidente de la Villa Albertine. Parmi ses livres les plus connus figurent Une image peut-être vraie (2014), Voir de ses propres yeux (2020) et Un désir démesuré d’amitié. Ses travaux récents portent notamment sur les archives LGBTQI+, les récits minoritaires et l’histoire culturelle des communautés queer.