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Fondé à Londres en 1990, Stereolab est l’une des formations les plus singulières et influentes de la scène indépendante européenne. Né de la rencontre entre le musicien britannique Tim Gane et la chanteuse franco-britannique Lætitia Sadier, le groupe développe dès ses débuts un langage musical unique, où la répétition hypnotique du krautrock, les textures électroniques analogiques et l’élégance mélodique de la pop des années 60 se rencontrent dans une forme à la fois cérébrale et sensuelle. Chantées en anglais comme en français, les voix éthérées de Sadier et, jusqu’en 2002, de Mary Hansen, deviennent une signature immédiatement reconnaissable.
Au fil d’une discographie abondante, Stereolab affine son art sans jamais se répéter. Les premiers albums, Peng! (1992) et Transient Random-Noise Bursts with Announcements (1993), posent les bases d’un son abrasif et motorique. Avec Mars Audiac Quintet (1994), le groupe gagne en clarté et en ambition, avant d’atteindre une maturité éclatante sur Emperor Tomato Ketchup (1996), disque charnière où groove, politique et pop expérimentale s’entrelacent avec une précision jubilatoire.
La fin des années 90 marque un tournant plus sophistiqué encore : Dots and Loops (1997) explore les territoires du jazz, du lounge et des musiques brésiliennes, tandis que Cobra and Phases Group Play Voltage in the Milky Night (1999) approfondit une écriture plus abstraite et orchestrale. Les années 2000 prolongent cette recherche avec Sound-Dust, Margarine Eclipse et Chemical Chords, où Stereolab conjugue accessibilité mélodique et complexité formelle.
Après une longue pause, le groupe revient sur scène à la fin des années 2010 et poursuit son œuvre avec une élégance intacte. Plus qu’un simple groupe, Stereolab apparaît aujourd’hui comme un laboratoire pop intemporel, dont la discographie foisonnante continue d’irriguer la musique indépendante contemporaine.