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20/20 Vision: The Bird, the Train and the Ritual پرنده، قطار و مراسم

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Ce programme présente trois courts métrages avant-gardistes réalisés par les artistes iraniens Naser Taghvai, Khosrow Sinai et Manouchehr Tayyab. Produits à la fin des années 1960 en Iran, ils constituent parmi les premiers exemples de cinéma expérimental dans la région. Durant cette période, le cinéma expérimental et l’animation en Iran étaient largement dominés par les hommes. Si de nombreuses femmes ont commencé à réaliser des films dans les années qui ont suivies, leurs œuvres restent souvent cachées dans les archives, voire perdues dans la tourmente de la révolution et de la guerre. Khosrow Sinai et Manouchehr Tayyab appartenaient à une génération d’hommes qui ont étudié à l’étranger avant d’être invités à revenir en Iran et d’être commandités par le ministère de la Culture pour y réaliser des films. En revanche, Naser Taghvai était un écrivain et cinéaste de la province du Khuzestan qui a appris son métier par la pratique plutôt que par une formation à l’étranger.

Ce qui relie ces films, c’est leur style visuel, leur montage avant-gardiste et leur bande-son époustouflante. Au-delà de leur esthétique, ils offrent un aperçu d’une société en pleine modernisation. Bien qu’ils partagent ces thèmes, chaque film offre une perspective distincte : Arbaeen se concentre sur le mouvement des corps, tandis qu’Ars Poetica capture la pression écrasante d’un espace truffé de sculptures. Quant à The Rhythm, il relie la société, les paysages et les sons, liant ainsi harmonieusement les trois films.

Les trois films ont été réalisés avant la révolution de 1979. Ils placent la musique au centre de la narration, l’utilisant comme un moyen de se connecter au passé. Le résultat est hypnotisant et fascinant ; la musique résonne à travers le temps et les générations.

Ce programme se déploie sous le poids du présent. Alors que la guerre se poursuit, que les manifestant.e.s iranien.ne.s sont tué.e.s pour avoir réclamé leur liberté et qu’une profonde tristesse pèse sur tous et toutes Iranien.ne.s, tant au pays qu’à l’étranger, ce programme devient un acte de remémoration. Ces œuvres ne sont alors plus uniquement des expérimentations cinématographiques, mais aussi des outils contre l’oubli. Elles portent en elles l’urgence de ce qui se perd et insistent sur la nécessité de résister face à la violence et à l’effacement.

Ce programme est compilé par Amirali Ghasemi, curateur de notre prochaine expo en automne, et sera présenté par Maryam K. Hedayat.

The Rhythm, Manouchehr Tayyab (1964)
IR, 9 min
Sans dialogue

Les images d’un train en mouvement et son arrivée à la gare centrale de Téhéran sont montées sur l’envoûtante musique du maestro percussionniste Hossein Tehrani.

Ars Poetica, Khosrow Sinai (1967)
IR, 11 min
Sans dialogue

Une colombe vole à travers une pièce remplie de sculptures métalliques de l’artiste iranien Jazeh Tabatabai.

Arbaeen, Nasser Taghvai (1970)
IR, 21 min
Sans dialogue

Pendant Moharram (le premier mois du calendrier musulman), l’enthousiasme religieux du peuple iranien se manifeste lors des cérémonies de deuil qui commémorent le martyre de l’imam Hossein, l’imam sacré des chiites.