Mondo Cane

Expositions Art > BOZAR - Palais des Beaux-Arts
A la dernière Biennale de Venise, le pavillon belge fut primé avec l’exposition Mondo Cane de Jos de Gruyter et Harald Thys et la commissaire Anne-Claire Schmitz. Leur installation est reprise maintenant à Bozar.
A la dernière Biennale de Venise, le pavillon belge fut primé avec l’exposition Mondo Cane de Jos de Gruyter et Harald Thys, et la commissaire Anne-Claire Schmitz. Leur installation est reprise maintenant à Bozar. A première vue, tout semble calme. On s’étonne de voir au centre, des figures de métiers disparus, comme si on était dans un musée folklorique bien éloigné de l’art contemporain: un sonneur de cloches, un rémouleur, un pizzaiolo.Mais vite, l’inquiétude monte. Ces figures bougent lentement. On semble plongés dans un de ces zoos humains de sinistre mémoire où on montrait des individus venus du Congo, comme des animaux. Les visiteurs tournent autour de ces personnages. Symbolisent-ils l’avenir de l’Europe, quand elle ne sera plus qu’un parc d’attraction pour touristes chinois? Thys et de Gruyter ne commentent pas leur oeuvre plus avant, mais on on sait qu’ils mêlent toujours cruauté et humour. Le plus angoissant ce sont les grilles blanches, comme celles des prisons et des frontières, qui bouchent totalement le passage vers les salles annexes. Comme celles que Trump plaça face aux enfants des migrants mexicains. Ces grilles nous protègent-elles des personnages inquiétants qu’on voit s’animer derrière, ou est-ce nous qui sommes enfermés dans nos peurs et nos préjugés? « Un monde du repli sur soi, de la peur, de l’autisme », commente Anne-Claire Schmitz.Guy Duplat