conseil bruxellois des musées

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1 site, 100 musées

-- Table des matières --

NEDERLANDSTALIGE VERSIE

1.  Introduction

2.  Institutions et réglementations

     2.1.  L’Organisation des nations unies

     2.2.  L’Union européenne

     2.3.  L’Etat fédéral

     2.4.  Les régions

     2.5.  Les communautés

3.  L’environnement associatif

     3.1.  Associations représentatives

     3.2.  Bureaux d’étude

     3.3.  Quelques associations accompagnant occasionnellement des personnes déficientes dans les musées

4.   Déficiences, incapacités, handicaps

     4.1.  La déficience motrice

     4.2.  La déficience visuelle

     4.3.  La déficience auditive

     4.4.  La déficience intellectuelle

     4.5.  Les autres types de handicaps

5.  Préconisations

     5.1.  Accueil

            5.1.1.  Prévoir un mobilier adapté

            5.1.2.  Prêter des matériels adaptés

            5.1.3.  Vendre un billet

            5.1.4.  Prévoir un accompagnement humain

      5.2.  Scénographie

            5.2.1.  Présentation des collections

            5.2.2.   Supports d’information

      5.3.  Médiation culturelle

            5.3.1.  Toucher

            5.3.2.  Voir

            5.3.3.  Entendre

            5.3.4.  Sentir et goûter

      5.4.  Communication

6.  Financement

     6.1.  Services gratuits

            6.1.1.  Réalisation de documents en braille

            6.1.2.  Formation à l’usage du « Langage clair » pour les guides néerlandophones 

     6.2.  Subventions

            6.2.1.  Auprès des communes

            6.2.2.  Auprès des régions et communautés

            6.2.3.  Auprès des institutions européennes

            6.2.4.  Auprès de la Loterie nationale

            6.2.5.  Auprès de Toerisme Vlaanderen

     6.3.  Mécénat et sponsoring

            6.3.1.  Quelques principes

            6.3.2.  Quelques interlocuteurs incontournables

            6.3.3.  Le financement participatif

     6.4.  Les prix

7.  Sources

8.  Remerciements

Musée et handicap

Guide pratique de l'accessibilité

 Conception, rédaction et coordination : Pierre Hériard

 pierre.heriard@atout-culture.com


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Avec le soutien de okLogo Eeckman.jpg     Oklogo Veranneman.jpg OKLogo Belspo White FR.jpg   oklogo VGC kleur Sponsor.jpg

1.  Introduction

La condition des personnes en situation de handicap est l'une des grandes préoccupations de notre époque. On s’efforce de favoriser l’accès de cette population à un nombre croissant de services, de professions et de loisirs.

On a assisté dans les années récentes à une évolution sémantique significative : alors qu’auparavant on parlait de l’« intégration » des personnes porteuses d’une déficience, on évoque à présent la notion d’« inclusion ». Dans le premier cas, c’est l’individu qui doit s’adapter à son environnement. Dans le second cas, c’est l’environnement qui doit s’adapter à l’individu[1].

Ce sont des sujets auxquels le responsable de musée est confronté. Comme tout autre bâtiment accueillant du public, le musée doit répondre à un certain nombre de normes d’accessibilité : rampes d’accès pour personnes à mobilité réduite, sanitaires adaptés, dallages « podotactiles » pour les personnes aveugles, dispositifs d’alarme visuelle pour les personnes sourdes etc.

L’accessibilité est un défi d’autant plus difficile à relever que nombre de musées sont installés dans des bâtiments historiques[2]. D’autant plus difficile à relever que l’approche doit être globale, considérée sur l’ensemble de la « chaîne » : il est souhaitable en effet que toutes les étapes de circulation d’un lieu soient bien connectées les unes avec les autres. On cite souvent le contre exemple un peu caricatural de sanitaires dont l’ergonomie serait adaptée mais qui ne seraient accessibles que par un escalier.

L’accessibilité, ce sont aussi des outils de communication adaptés (site Internet, dépliants, signalétique etc.) et des dispositifs d’intégration professionnelle des personnes déficientes.

Toutefois, le présent guide est centré sur des problématiques spécifiques aux musées. Il n’évoque que très peu le cadre bâti, les supports de communication ou l’intégration professionnelle, sujets sur lesquels existent déjà de nombreuses ressources de grande qualité. Il énonce une série de recommandations concernant principalement l’accueil, la présentation des collections et la médiation culturelle. En cela, il s’inscrit dans le sillage du colloque « Des musées (plus) accessibles » (Bruxelles, novembre 2011) et de la publication issue de ce colloque[3].

A bien des égards, ces recommandations pourront sembler lourdes ou coûteuses à mettre en œuvre. Mais…

…en améliorant l’accessibilité pour les personnes porteuses d’une déficience, on améliore l’accessibilité pour l’ensemble du public. Installer une rampe d’accès pour des personnes se déplaçant en fauteuils roulants, c’est aussi faciliter les déplacements de parents venant avec une poussette. Utiliser des polices d’écriture de plus grande taille pour les lecteurs déficients visuels, c’est faciliter l’accès à l’information pour l’ensemble des publics. Mettre à disposition un « visioguide » pour les personnes sourdes, c’est aussi proposer des contenus complémentaires aux visiteurs entendants. Plus précisément, il convient de tendre vers ce que l’on appelle la « conception universelle » (« universal design »), démarche qui consiste, en amont du projet, à concevoir des solutions adaptées à tous les usagers. « La conception universelle est une stratégie qui vise à concevoir et à composer différents produits et environnements qui soient, autant que faire se peut et de la manière la plus indépendante et naturelle possible, accessibles, compréhensibles et utilisables par tous, sans devoir recourir à des solutions nécessitant une adaptation ou une conception spéciale »[4]. Ce type de démarche est en parfaite cohérence avec la notion d’inclusion évoquée plus haut.

…comme souvent, la contrainte stimule la créativité : au cours des dernières années, les innovations ont été particulièrement nombreuses, surtout dans le domaine des nouvelles technologies, lorsqu’il a fallu trouver des solutions de médiation culturelle destinées aux publics en situation de handicap. Des exemples en témoigneront dans le présent document.

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[1] Accès sourds, accessoire ? Guide pour améliorer l’accès à l’information pour les personnes sourdes, Michel Joris, APEDAF, 2011.

[2] Sur la question de l’accessibilité du cadre bâti pour les monuments historiques, voir les éléments suivants :

[3] La vie des musées (n° 24), Des musées plus accessibles, ICOM Belgique-Wallonie-Bruxelles, 2012.

[4] Résolution ResAP(2001) 1 sur l'introduction des principes de conception universelle dans les programmes de formation de l'ensemble des professions travaillant dans le domaine de l'environnement bâti, Conseil de l’Europe, 2001. [Engelstalige hyperlink (geen Nederlandstalige versie): https://wcd.coe.int/ViewDoc.jsp?Ref=ResAP%282001%291&Language=lanEnglish&Ver=original&Site=COE&BackColorInternet=DBDCF2&BackColorIntranet=FDC864&BackColorLogged=FDC864]


 

2.  Institutions et réglementations

2.1.  L’Organisation des nations unies

L’Organisation des nations unies est à l’origine de plusieurs textes concernant les personnes porteuses d’une déficience :

  • le 9 décembre 1975 est proclamée la Déclaration des droits des personnes handicapées, qui dispose qu’une personne handicapée « a le droit de vivre au sein de sa famille ou d'un foyer s'y substituant et de participer à toutes activités sociales, créatives ou récréatives » ;
  • le 7 octobre 1992 est adoptée la Résolution 47/3 qui institue la « Journée internationale des personnes handicapées »  laquelle se déroule chaque année, le 3 décembre ;
  • le 13 décembre 2006 est signée la Convention de l’ONU relative aux droits des personnes handicapées. La convention évoque le principe de l’« inclusion » et prévoit dans son article 30 que « les États Parties reconnaissent le droit des personnes handicapées de participer à la vie culturelle, sur la base de l’égalité avec les autres, et prennent toutes mesures appropriées pour faire en sorte qu’elles (…) aient accès aux lieux d’activités culturelles tels que les théâtres, les musées, les cinémas, les bibliothèques et les services touristiques et, dans la mesure du possible, aux monuments et sites importants pour la culture nationale ». L’Union européenne a ratifié cette convention en 2011, la Belgique en 2009 et la région de Bruxelles capitale y a « porté assentiment » la même année.

 

2.2.  L’Union européenne

L’une des premières préoccupations de l’Union européenne en matière de handicap a été de soutenir l’intégration des personnes déficientes sur le marché du travail. Texte fondateur, le Traité d’Amsterdam (1997) contient des clauses explicites sur la non-discrimination en raison des handicaps (articles 13 et 95). Puis, la Directive 2000/78/CE  adoptée le 27 novembre 2000 incite les Etats membres à respecter un cadre général en faveur de l’égalité de traitement en matière d’emploi et de travail des personnes porteuses d’une déficience.

Un texte important, mais non contraignant, est venu élargir le champ d’intervention de l’Union dans ce domaine : adoptée le 7 décembre 2000, la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne interdit toute discrimination fondée sur le handicap (article 21) et reconnaît le droit des personnes déficientes à « l’autonomie, à l’intégration sociale et professionnelle et à la participation à la vie de la communauté » (article 26).

Plus récemment, la Commission européenne a défini une stratégie sur 10 ans qui encourage l’égalité des chances pour les personnes déficientes. La « Stratégie handicap 2010-2020 » couvre de nombreux domaines, dont celui de l’accessibilité. Il est question, notamment, de « rendre accessibles les organisations et activités sportives, récréatives et culturelles ». Mais il s’agit bien d’un plan et non d’une réglementation.

 

2.3.  L’Etat fédéral

L’Etat fédéral est compétent dans les matières suivantes :

  • allocations pour les personnes déficientes ; attribution des cartes de stationnement, des cartes de réduction pour les transports en commun (SPF Sécurité sociale). L’action de l’Etat en la matière est régie par la Loi du 27 février 1987 relative aux allocations aux personnes handicapées ainsi que par les lois et arrêtés la modifiant;
  • protection juridique (SPF Justice) ;
  • questions de discrimination (Centre pour l’égalité des chances et la lutte contre le racisme). L’action de l’Etat en la matière est régie par la Loi du 10 mai 2007 tendant à lutter contre certaines formes de discrimination. Cette loi correspond à la transposition en droit national de la directive 2000/78/CE. S’il n’existe pas de législation concernant l’accès au savoir, à l’information et à la culture pour les personnes porteuses d’une déficience, la loi du 10 mai 2007 comporte cependant des éléments intéressants en matière de « participation » aux activités de la société. En effet, si une personne déficiente estime insuffisants les aménagements prévus pour l’accueillir, elle peut invoquer la « notion d’aménagement raisonnable » prévue par cette loi dans son article 4, alinéa 12 : « mesures appropriées, prises en fonction des besoins dans une situation concrète, pour permettre à une personne handicapée d'accéder, de participer et progresser dans les domaines pour lesquels cette loi est d'application, sauf si ces mesures imposent à l'égard de la personne qui doit les adopter une charge disproportionnée. Cette charge n'est pas disproportionnée lorsqu'elle est compensée de façon suffisante par des mesures existant dans le cadre de la politique publique menée concernant les personnes handicapées »[5]. La « notion d’aménagement raisonnable » a fait l’objet d’un protocole détaillé[6].
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2.4.  Les régions

Les régions sont compétentes pour le logement, l’accès aux espaces publics et aux bâtiments. Dans ces domaines, la région de Bruxelles-Capitale déploie son action au travers du Règlement régional d’urbanisme de Bruxelles dont le titre IV est consacré à l’accessibilité. Les dispositions en matière d’accessibilité visent en effet « les bâtiments et espaces destinés aux activités récréatives, touristiques et socioculturelles, aux conférences et aux expositions » (paragraphe 3, alinéa 1). Les musées sont donc concernés, même ceux installés dans des monuments historiques : « Les immeubles à valeur patrimoniale n’ont pas été retirés du champ d’application en vertu de la primauté du principe d’accessibilité aux personnes à mobilité réduite énoncé plus haut ». Mais seule l’accessibilité au sens architectural du terme est prévue dans ce document.

 

2.5.  Les communautés

Les communautés sont compétentes pour l’enseignement en général et donc aussi pour l’enseignement destiné aux personnes déficientes. Elles interviennent également sur les questions d’intégration : accompagnement individuel pour le logement, l’emploi, la formation, les déplacements etc. Les interlocuteurs de la population bruxelloise sur ces questions sont les suivants :

 3.  L’environnement associatif

Pour mettre en place un dispositif d’accessibilité, pour le tester, mais aussi pour communiquer auprès des publics concernés lorsque l’accessibilité est effective, il est bien sûr recommandé de se mettre en relation avec des associations spécialisées. Voici les principales en Belgique :

 

3.1.  Associations représentatives

Association des parents d’enfants déficients auditifs francophones (APEDAF)

  • Missions : être un lieu d’écoute, d’entraide, de solidarité et d’échanges entre parents ; être un trait d’union avec les professionnels et un espace d’échange, de collaboration avec la communauté des sourds ; proposer un service d’aides pédagogiques et un service social ;
  • Coordonnées : Rue Van Eyck, 11a, boite 5 – 1050 Ixelles (Bruxelles). Tél. : +32 2 644 66 77. Courriel : info@apedaf.be.

 

Association nationale d'aide aux handicapés mentaux (ANAHM) / Nationale Vereniging voor Hulp aan Verstandelijk Gehandicapten (NVHVG) (composée de l'Association francophone d'aide aux handicapés mentaux et d’ Inclusie Vlaanderen vzw)

  • Missions : défendre les droits des personnes porteuses d’une déficience intellectuelle et ceux de leurs familles ; suivre et rassembler toutes les législations applicables aux différents niveaux ; coordonner les actions des différentes associations communautaires et/ou régionales ; participer aux relations tant européennes qu'internationales ; gérer un centre d'information et de documentation ;
  • Coordonnées : Avenue Albert Giraud, 24 – 1030 Schaerbeek (Bruxelles). Tél. : +32 2 247 28 29. Courriel : secretariat@anahm.be / secretariaat@nvhvg.be.

 

Enter vzw

  • Missions : promouvoir l’accessibilité intégrale et le design « universel » en vue de favoriser l’égalité des chances en matière d’accès, en particulier en direction des personnes handicapées et des personnes âgées ; travailler en direction des citoyens, des professionnels, des bénévoles mais aussi en direction des responsables politiques et des entreprises. Edition des portails web thématiques www.toegankelijkeomgeving.be sur l’accessibilité des espaces publics et www.toegankelijkgebouw.be sur l’accessibilité des bâtiments publics ;
  • Coordonnées : Belgiëplein, 1 – 3510 Hasselt. Tél : +32 11 26 50 30. Courriel : info@entervzw.be.

 

Fédération francophone des sourds de Belgique

  • Missions : représenter la communauté des sourds francophones, valoriser la personne sourde, défendre le droit à l’information et à l’intégration socioprofessionnelle, faire des personnes sourdes des citoyens responsables et actifs ;
  • Coordonnées : Avenue Marnix, 19/A – 1000 Bruxelles. Tél. : +32 2 644 69 01. Courriel : secretariat@ffsb.be.

 

Federatie van Vlaamse Doven Organisaties

  • Missions : travailler à l’émancipation et à l'épanouissement des personnes sourdes ainsi qu’au développement de la langue des signes flamande ;
  • Coordonnées : Stropkaai, 38 – 9000 Gent. Tél. : +32 9 224 46 76. Courriel : info@fevlado.be.

 

Intro vzw

  • Missions : améliorer l’accessibilité des événements au public handicapé (festivals, spectacles en salle, manifestations sportives, salons, formations, conférences etc.) ; attirer l’attention des citoyens et du personnel politique sur la nécessité de rendre les événements accessibles ; apporter aux organisateurs d’événements une expertise sur mesure ; mettre à disposition du matériel ou des services adaptés pour des événements (plans inclinés, intervention d’interprètes en langue des signes, prestations d’audio description etc.) ;
  • Coordonnées : Noorderlaan, 4 – 1731 Zellik. Tél. : +32 2 465 67 00. Courriel : info@intro-events.be.

 

Ligue Braille / Brailleliga

  • Missions : venir en aide aux personnes aveugles et malvoyantes dans tous les domaines ; intervenir en matière d’accompagnement quotidien, de formation et d’intégration professionnelle ; proposer des activités culturelles, récréatives et de loisirs ; mener des actions pour sensibiliser le grand public à la situation des personnes aveugles et malvoyantes ;
  • Coordonnées : Rue d’Angleterre, 57 – 1060 Saint-Gilles (Bruxelles). Tél : +32 2 533 32 11. Courriel : info@braille.be.

 

Œuvre Fédérale Les Amis des Aveugles et Malvoyants

  • Missions : contribuer au bien-être des personnes déficientes visuelles dans des domaines étendus et variés : services de réadaptation fonctionnelle et d’accompagnement pour faciliter le quotidien et l’inclusion socioculturelle, la sensibilisation du grand public au handicap visuel, la formation de chiens-guides ;
  • Coordonnées : Rue de la Barrière, 37-39 – 7011 Mons. Tél. : +32 65 40 31 00. Courriel : info@amisdesaveugles.org.

 

Œuvre nationale des aveugles (ONA)

  • Missions : contribuer à la pleine participation des personnes aveugles et malvoyantes à la vie sociale et sensibiliser le grand public et les pouvoirs publics à la déficience visuelle ;
  • Coordonnées : Bd de la Woluwe 34/1, 1200 Bruxelles. Tél. : +32 2 241 65 68. Courriel : info@ona.be.

 

Slechtzienden en Blinden Paltform Vlaanderen (SBPV)

  • Missions : donner leur chance aux personnes aveugles et malvoyantes et résoudre leurs problèmes d’exclusion, via une politique de concertation entre les différentes associations concernées ;
  • Coordonnées : Kortrijksesteenweg, 304 (1ste verdiep) – 9000 Gand.

 

3.2.  Bureaux d’étude

Adviesbureau toegankelijke omgeving vzw (ATO)

  • Missions : promouvoir l’égalité des chances en écartant les obstacles physiques et mentaux en matière d’accessibilité ; mettre en œuvre des diagnostics d’accessibilité et énoncer des préconisations en la matière ; assurer des formations ainsi que des missions d’étude et de conseil. Interventions essentiellement dans la province de Flandre orientale ;
  • Coordonnées : Driegaaienstraat, 160 – 9100 Sint-Niklaas. Tél. : +32 3 780 35 95. Courriel : info@ato-vzw.be.

 

Acces-A

  • Missions : sensibiliser les régions et les communes sur la problématique de l’accessibilité pour les personnes handicapées et les personnes à mobilité réduite ; mettre en évidence les caractéristiques et les besoins propres aux personnes à mobilité réduite ; être à la disposition des régions et des communes pour les faire bénéficier des savoirs acquis par "Acces-A" en matière d’accessibilité. Association habilitée par le service bruxellois PHARE à certifier l’accessibilité des espaces publics aux personnes handicapées ;
  • Coordonnées : Rue de la Fleur d’Oranger 37, boite 213 – 1150 Woluwé-Saint-Pierre (Bruxelles). Tél. : +32 2 772 18 95. Courriel : accesa@anlh.be.

 

Accès et mobilité pour tous asbl (AMT-Concept)

  • Missions : interpeler les acteurs du monde politique et économique sur les besoins concrets des personnes en situation de handicap dans le domaine de l’environnement physique ; former des conseillers en accessibilité ; assurer des missions d’étude et de conseil ; éditer des ouvrages techniques et pédagogiques pour professionnels et constructeurs. Association habilitée par le service bruxellois PHARE à certifier l’accessibilité des espaces publics aux personnes handicapées ;
  • Coordonnées : Rue Auguste Renoir, 5/4 – 1140 Evere (Bruxelles). Interlocuteur : Miguel Gerez. Tél. : +32 2 705 03 48. Téléphone mobile : +32 477 31 86 07.

 

Association nationale pour le logement des handicapés (ANLH)

  • Missions : travailler à l’intégration sociale des personnes handicapées physiques, d’abord en matière de logement mais aussi en ce qui concerne l’« aide à la vie journalière », l’accessibilité et les transports. Association habilitée par le service bruxellois PHARE à certifier l’accessibilité des espaces publics aux personnes handicapées ;
  • Coordonnées : Rue de la Fleur d’Oranger, 1, boite 213 – 1150 Woluwé-Saint-Pierre (Bruxelles). Tél. : +32 2 772 15 95. Courriel : plesage@anlh.be.

 

Centrum Toegankelijkheid Provincie Antwerpen (CTPA)

  • Missions : apporter des avis en matière d’accessibilité sur des avant-projets architecturaux ; assurer des diagnostics d’accessibilité ; assurer des formations et des actions de sensibilisation. Interventions essentiellement dans la province d’Anvers ;
  • Coordonnées : Boomgaardstraat, 22, bus 101 – 2600 Berchem (Antwerpen). Tél. : +32 3 240 56 47. Courriel : ctpa@welzijn.provant.be.

 

Groupe d'action pour une meilleure accessibilité aux personnes handicapées (GAMAH asbl)

  • Missions : améliorer l'accessibilité des bâtiments, des cheminements et des transports, via le conseil aux architectes et aux maîtres d'œuvre, la formation des acteurs du bâtiment, de la voirie et des transports, l'évaluation de l'accessibilité de l'environnement bâti ainsi que l'interpellation des constructeurs et décideurs politiques. Association habilitée par le service bruxellois PHARE à certifier l’accessibilité des espaces publics aux personnes handicapées ;
  • Coordonnées : Rue de la Pépinière, 23 – 5000 Namur. Tél. : +32 81 24 19 37. Courriel : contact@gamah.be.

 

Plain-Pied asbl

  • Missions : optimiser l'autonomie des personnes à mobilité réduite par un travail d’étude et de recherches ; collaborations, conseils et formations auprès des architectes et maitres de l’ouvrage en vue de la réalisation de logements accessibles, bâtiments publics accessibles, événements accessibles. Association habilitée par le service bruxellois PHARE à certifier l’accessibilité des espaces publics aux personnes handicapées ;
  • Coordonnées : rue du Nanon, 98 – 5000 Namur. Tél. : +32 81 39 06 36. Courriel : contact@plain-pied.com.

 

Toegankelijkheidsbureau vzw

  • Missions : promouvoir et améliorer l’accessibilité dans les domaines des transports, de la circulation, de l’habitat, des bâtiments publics, du tourisme, des loisirs et de l’emploi et ce pour tous les citoyens mais aussi pour les personnes handicapées et pour les personnes âgées ; offrir une expertise aux professionnels, aux utilisateurs et aux décideurs politiques. Interventions essentiellement dans la province de Limbourg et dans la province de Brabant flamand ;
  • Coordonnées : Belgiëplein, 1 – 3510 Kermt/Hasselt – Tel: +32 11 87 41 38. Courriel : info@toegankelijkheidsbureau.be / Noorderlaan, 4 – 1731 Zellik – Tel: +32 2 465 55 25. Courriel : info@toegankelijkheidsbureau.be.

 

Westkans vzw

  • Missions : promouvoir l’accessibilité intégrale et l’égalité des chances ; offrir une expertise aux opérateurs publics et privés et en particuliers aux établissements accueillant du public. Interventions essentiellement dans la province de Flandre occidentale ;
  • Coordonnées : Kerkofstraat, 1 – 8200 Bruges. Tél. : +32 50 40 73 73. Courriel : info@westkans.be.

 

3.3.  Quelques associations accompagnant occasionnellement des personnes déficientes dans les musées

 4.  Déficiences, incapacités, handicaps

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a défini la notion de handicap en opérant la distinction entre trois termes[7] :

  • Déficience : toute perte de substance ou altération d’une structure ou fonction psychologique, physiologique ou anatomique (aspect biomédical) ; la déficience caractérise les personnes qui ont « quelque chose en moins » : déficience auditive, visuelle, intellectuelle etc. ;
  • Incapacité : toute réduction (résultant d’une déficience) partielle ou totale de la capacité d’accomplir une activité d’une façon ou dans les limites considérées comme normales pour un être humain (aspect fonctionnel) ; la déficience peut avoir pour conséquence une incapacité d’accomplir telle ou telle tâche ;
  • Désavantage, handicap proprement dit ou situation de handicap : résulte d’une déficience ou d’une incapacité qui limite ou interdit l’accomplissement d’un rôle normal au regard de l’âge, du sexe, des facteurs sociaux et culturels (aspect social). Une personne est en situation de handicap par rapport aux autres ou par rapport à l’environnement.

Par exemple, une personne porteuse d’une déficience auditive se rendant au cinéma se trouve dans l’incapacité de comprendre le film ; elle est donc en situation de handicap par rapport à son rôle social de spectateur. Toutefois, s’il y a des sous-titres, elle n’est plus en situation de handicap.

De même, une personne qui n’est ni visuelle ni manuelle – ce qui peut être considéré comme une déficience – sera dans l’incapacité de s’exprimer en langue des signes et de comprendre cette langue. Si elle se rend à une soirée réunissant des personnes sourdes s’exprimant en langue des signes, elle se trouvera en situation de handicap.

Les paragraphes qui suivent présentent les différents types de déficience ainsi que les incapacités et handicaps dont ils sont la cause.
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[7] Classification Internationale du Fonctionnement, du handicap et de la santé (CIF), IMS, 2001 / Enjeux : le poids et le sens des mots, Plateforme Annonce Handicap.

 

4.1.  La déficience motrice

« Une déficience motrice est une atteinte de la motricité, c’est-à-dire de la capacité du corps à se mouvoir ou à se maintenir dans une position donnée de façon ordinaire »[8]. Les causes de la déficience motrice peuvent être très variées : maladie acquise ou génétique, malformation congénitale, traumatisme dû à un accident, vieillissement etc. Le cas des infirmes moteurs cérébraux (IMC) est spécifique. Il s’agit d’une infirmité motrice due à des lésions survenues durant la période péri-natale. Cette infirmité est parfois accompagnée de troubles sensoriels et intellectuels.

Les personnes ayant une déficience motrice sont souvent dans l’incapacité de se déplacer à pied et doivent recourir à un fauteuil roulant. Mais, comme le rappelle l’asbl Plain-Pied, la notion de « personne à mobilité réduite » doit être entendue de manière plus large : « Une personne à mobilité réduite est une personne gênée dans ses mouvements en raison de sa taille, de son état, de son âge, de son handicap permanent ou temporaire ainsi qu’en raison des appareils ou instruments auxquels elle doit recourir pour se déplacer. Plusieurs facteurs sont également susceptibles de diminuer l’aisance à circuler : la cécité, la maladie, la grossesse, la convalescence, l’accident ou, simplement l’encombrement par l’utilisation d’un caddie, d’un landau, de colis, de bagages... »[9]. Si l’on considère l’ensemble de ces facteurs, on peut estimer, selon l’APEDAF, que 37% de la population se trouve en situation de mobilité réduite[10].
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[8] Les déficiences motrices, Sophie Goujon, Académie de Caen.

[9] Fiche technique « Les personnes à mobilité réduite : un marché à saisir ? », Plain-Pied asbl, 2009.

[10] Accès sourds, accessoire ? Guide pour améliorer l’accès à l’information pour les personnes sourdes, Michel Joris, APEDAF, 2011.

 

4.2.  La déficience visuelle

La déficience visuelle est une notion recouvrant des situations très diverses que l’on peut classer en trois grandes catégories :

  • la cécité de naissance désigne un degré de vision centrale de loin inférieur à 1/20. L’appréhension de la réalité par le toucher est indispensable pour des personnes aveugles de naissance. Certaines maîtrisent l’alphabet braille mais cela demeure marginal : environ 1 000 personnes en Belgique sur 150 000 déficients visuels graves[11]. En matière de médiation culturelle, on devra porter une attention particulière au langage car certains pré-requis ne font pas sens, par exemple la notion de perspective ;
  • l'amblyopie est une forte diminution de l’acuité visuelle, d’un œil ou des deux yeux. Elle désigne un degré de vision très médiocre, inférieur à 4/10. L'amblyopie est une déficience qui peut passer inaperçue : regard totalement « voyant », démarche assurée, vision de très petits objets, sans ou avec port de lunettes. L’appréhension de l’information est séquentielle du fait d’une vision non globale ;
  • la déficience tardive concerne les personnes âgées. Celles-ci ont un « reste » de perception visuelle. Elles s’appuient sur des références visuelles acquises (couleurs, composition etc.) et apprécient le discours décrivant et commentant ce qu’elles souhaitent découvrir dans un musée. L’envie de toucher n’est pas systématique ;
  • les pathologies dégénératives congénitales concernent des personnes de tout âge. Ces personnes souffrent à la naissance d’une maladie qui provoque une malvoyance plus ou moins importante. Au fil des années, elles perdent progressivement leur résidu visuel. Grâce aux progrès de la médecine, le processus est ralenti mais rarement stoppé. En phase finale (qui peut survenir à des âges différents selon la pathologie), ces personnes ne voient plus mais leur résidu visuel passé leur permet d’appréhender les concepts de perspective et de couleurs. On peut donc faire appel à des notions visuelles en leur décrivant précisément et méthodiquement une image. Ceci leur permet de se forger une représentation mentale plus ou moins fidèle de ce qui leur est décrit.
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[11] Circulez, il n’y a rien à voir – Guide pratique de l’art du « montrer », Isabelle Vandenbosch, SEL Bleu asbl, 2009.

 

4.3.  La déficience auditive

Les troubles de la fonction auditive toucheraient environ 8% de la population en Belgique[12]. Mais là encore, les situations sont diverses. On peut classer la déficience auditive en deux grandes catégories[13] :

  • les « nés sourds » : certaines formes de surdité sont dites congénitales car la personne est bel et bien née sourde, par exemple à la suite d’une maladie attrapée durant la grossesse ou en raison de facteurs d’ordre génétique. Dans ce dernier cas, la surdité n’apparaîtra peut-être qu’au bout de plusieurs années. D’autres formes de surdité sont dites post-natales car elles surviennent après la naissance, à la suite d’un accident cérébral ou d’une maladie infectieuse comme la méningite.

Dans le cas des personnes sourdes à la naissance ou qui le sont devenues peu après, la connaissance de la langue des signes est indispensable, tant pour la communication que pour la « construction identitaire ». Il s’agit d’une langue à part entière et non d’une simple « transcription » des langues « ordinaires ». Il y a des langues des signes différentes selon les communautés et les pays, même si la structure grammaticale est souvent similaire. Il existe également une « langue des signes internationale » (ISL, International Sign Language), très proche de l’ASL (American Sign Language). Peu utilisée jusqu’à une époque récente en dehors des réunions internationales, elle est de plus en plus pratiquée par les jeunes générations, tout spécialement sur Internet et sur les réseaux sociaux. En Belgique, les personnes sourdes peuvent pratiquer la langue des signes belge francophone (LSBF), reconnue comme langue à part entière depuis 2003 (voir www.lsfb.be), et la langue des signes flamande (VGT, Vlaamse Gebarentaal), reconnue depuis 2006 (voir http://gebaren.ugent.be). Un pourcentage important des adultes sourds de naissance rencontre des problèmes de compréhension ou d’expression du langage écrit. Celui-ci leur est très difficile d’accès et assez éloigné de leur « culture sourde ». Enfin, il convient de préciser que la plupart des enfants nés sourds sont aujourd’hui rapidement implantés. Ils ont moins recours à la langue des signes parce qu’ils peuvent atteindre un bon niveau de compréhension et d’expression de la langue orale ;

  • les « devenus sourds ou malentendants » : ces personnes ont connu une diminution de l’acuité auditive liée à des facteurs divers. Elles maîtrisent la langue écrite dans les mêmes proportions que le public entendant. Pour mieux communiquer, elles ont recours :
    • à des prothèses auditives ;
    • au sous-titrage, dans certaines situations (spectacle par exemple) ;
    • à la « lecture labiale » (lire sur les lèvres). La lecture labiale peut être facilitée par le recours à la « Langue Française Parlée Complétée » (LFPC) : le locuteur effectue un certain nombre de signes avec ses mains pour lever l’ambiguïté sur des phonèmes pour lesquels le mouvement des lèvres est indifférencié (un signe différent par consonne par exemple) ;
    • à la langue des signes : les personnes devenues sourdes peuvent suivre des cours de « promotion sociale » pour apprendre la langue des signes en vue d’une meilleure intégration dans la communauté sourde ; elles sont toutefois très peu nombreuses à le faire.

« La cause principale des difficultés que rencontrent les personnes sourdes est l’accessibilité de l’information »[14].

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[12] Enquête de santé par interview. Belgique, 2001, IPH/EPI Reports N°2002-22, Livre 2, Etat de Santé : Limitation de l'activité et restriction de la participation, pp.419-814, Institut scientifique de la santé publique et Institut national des statistiques. [Nederlandstalige hyperlink: https://his.wiv-isp.be/nl/Gedeelde%20%20documenten/IL_NL_2001.pdf]

[13] Accès sourds, accessoire ? Guide pour améliorer l’accès à l’information pour les personnes sourdes, Michel Joris, APEDAF, 2011.

[14] Accès sourds, accessoire ? Guide pour améliorer l’accès à l’information pour les personnes sourdes, Michel Joris, APEDAF, 2011.

 

4.4.  La déficience intellectuelle

La déficience intellectuelle, également appelée « oligophrénie », est irréversible. Elle est la conséquence de différents types de pathologies, la plus connue étant la trisomie 21. Elle se traduit par des difficultés de concentration et une faible capacité d’abstraction. Elle a des conséquences dans la vie affective et dans le comportement relationnel. Elle est souvent accompagnée de problèmes de développement corporel et donc d’autres déficiences, motrices ou sensorielles ainsi que de troubles du langage. Le degré de déficience est variable et les personnes concernées plus ou moins autonomes. De manière générale, l’accompagnement humain est nécessaire et il convient d’éviter à ces personnes les situations anxiogènes. Les personnes en situation de déficience intellectuelle « légère » ont suffisamment d’autonomie pour participer aux activités culturelles et artistiques destinées au grand public. Les personnes en situation de déficience intellectuelle plus prononcée, parfois polyhandicapées (déficiences motrices et intellectuelles sévères), ont besoin d’une offre culturelle ou artistique spécifique.

La déficience intellectuelle ne doit pas être confondue avec la déficience psychique, parfois appelé « maladie mentale » (troubles de type psychoses, névroses etc.) : celle-ci n’est pas forcément irréversible et n’altère pas forcément les capacités intellectuelles. Il est parfois difficile de communiquer avec des personnes atteintes d’une déficience psychique en raison de leur peur de l’autre ou de leur sensibilité extrême. Ces personnes seront particulièrement attentives à la qualité de l’attention qu’on leur porte. La prise en compte de ces visiteurs passe donc surtout par des mesures visant à limiter l’agressivité de l’environnement.

 

4.5.  Les autres types de handicaps

D’autres types de publics sont concernés lorsque l’on met en œuvre une politique d’accueil des personnes porteuses d’un handicap :

  • les personnes âgées, qui tendent à cumuler plusieurs déficiences : de manière générale, le vieillissement de la population est une des évolutions majeures à prendre en compte dans l’aménagement des établissements recevant du public ;
  • les enfants, dont les besoins et comportements sont spécifiques et qui peuvent, de ce fait, être considérés comme en situation de handicap ;
  • les personnes désavantagées par leur taille ou leur corpulence, fréquemment en situation de handicap bien que ne souffrant d’aucune déficience à proprement parler. 

 

 5.  Préconisations

5.1.  Accueil

 5.1.1  Prévoir un mobilier adapté

  • Prévoir un guichet (ou banque d’accueil) adapté[15] :
    • orientation : face à la porte d’entrée ou perpendiculairement à celle-ci, en évitant les effets d’éblouissement et de contre-jour par rapport aux sources lumineuses (fenêtres, lampes) ;
    • dimensions : adaptées aux personnes se déplaçant en fauteuil ; alors que la tablette d’un guichet standard se situe à une hauteur de 110 à 115 cm, le rebord inférieur de la tablette accessible se situe à 75 cm du sol et la face supérieure à 80 du sol. Un espace libre est prévu sous la tablette, d’une profondeur de 60 cm ;
    • finition : mate (non réfléchissante ou brillante), d’une couleur contrastée avec l’environnement immédiat ;
    • vitrage : déconseillé car problématique pour les personnes déficientes auditives ; mais s’il y en a un, il doit être antireflet ;
    • éclairage : assurer au guichet un niveau de luminosité de 350 à 450 lux (luminosité à mesurer au sol avec des appareils de type « luxmètres »). C’est le niveau nécessaire aux personnes malvoyantes comme aux personnes sourdes lisant sur les lèvres. Éviter les éclairages au néon qui génèrent des bruits parasites et perturbent l’écoute des personnes malentendantes appareillées ;

 

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                                                                         Schéma guichet d’accueil © Plain-pied asbl

 

  • s’il est indispensable, pour des raisons de sécurité, de recourir à un guichet vitré, il convient d’installer un hygiaphone ou un amplificateur vocal, équipement nécessaire pour tout le monde et particulièrement pour les personnes malentendantes. Il est également possible d’équiper les espaces d’accueil et de billetterie d’une « boucle à induction magnétique » pour les personnes malentendantes équipées de prothèses auditives. Il en existe des modèles fixes et d’autres portables. Il s’agit d’un simple câble de cuivre placé sous le comptoir. Relié au microphone du personnel d’accueil, le câble transforme le son émis par ce microphone en ondes électromagnétiques qui sont captées par la bobine à induction se trouvant dans l’appareil auditif. Cette bobine transcrit les ondes en son. Pour entendre ce son sans être gênées par les bruits ambiants, les personnes malentendantes effectuent la manipulation suivante :
    • les porteurs de prothèses dites « analogiques » mettent leur appareil sur la position « T-coil ». Cependant, il faut savoir que les prothèses analogiques sont de moins en moins nombreuses ;
    • les porteurs de prothèses dites « numériques » mettent leur appareil en mode « téléphone » si leur audioprothésiste a activé le programme correspondant. Certaines prothèses sophistiquées basculent automatiquement sur ce mode lorsqu'elles détectent la présence d'une boucle. D’autres prothèses numériques fonctionnent sur la base d’un programme téléphonique acoustique (augmentation du niveau d’écoute de certaines bandes de fréquences) qui ne fonctionnera pas avec les boucles magnétiques. De manière générale, les prothèses numériques, de plus en plus miniaturisées, ne sont pas toujours munies de la fonction boucle magnétique, celle-ci prenant de la place (il faut loger une « bobine à induction » dans l’appareil). Les appareils intra-auriculaires, c'est-à-dire complètement insérés dans l’oreille, ne comportent que rarement la fonction boucle magnétique.

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Boucle magnétique guichet © centre-audition.com

 

La présence d’une boucle à induction magnétique est signalée par le pictogramme suivant :

511D_pictogramme boucle.png 

De manière générale, les porteurs de prothèses auditives adaptées à l’usage d’une boucle magnétique n’étant pas majoritaires, le recours à ce type d’équipement ne doit pas être considéré comme indispensable. La boucle à induction magnétique constitue cependant une demande forte des associations de personnes malentendantes.

Enfin, une bonne connaissance du système par le personnel d'accueil est importante. En effet, nombreux sont les porteurs de prothèses auditives qui ne connaissent pas forcément la fonction « boucle magnétique » pour leur propre matériel, les personnes âgées en particulier.

  • Installer une table d’orientation tactile à l’entrée du musée ou dans des lieux stratégiques. Cet équipement comporte un plan en relief qui permet une représentation des bâtiments et des salles. Il permet aux visiteurs déficients visuels d’appréhender la globalité du site, ses différents cheminements et ses différentes composantes. Mais ce type d’installation peut être également utile à l’ensemble des publics. Les caractéristiques en sont les suivantes :
    • guidage podotactile menant jusqu’à l’équipement ;
    • o  accessibilité aux personnes se déplaçant en fauteuil roulant ;
    • dimensions maximales : 120 cm de largeur sur 60 cm de profondeur afin de permettre au visiteur de l’appréhender avec ses deux mains sans bouger son corps ;
    • o  orientation adaptée au positionnement de l’utilisateur avec mention « Vous êtes ici » facilitant le repérage ;
    • o  couleurs contrastées et légendes en gros caractères et/ou en braille (même si seule une minorité de personnes aveugles connaissent le braille comme évoqué dans la section « Déficience, incapacité, handicap »). De manière générale, l’information tactile destinée aux personnes aveugles est en relief, rarement en creux ;
    • image tactile épurée, facile à lire ;

Au Palais des Beaux-Arts de Lille, une maquette tactile du musée est mise à la disposition des visiteurs non ou mal voyants. Conçue au 1/100e elle comporte une légende en braille donnant les repères explicatifs indispensables. Elle permet aux visiteurs d’appréhender non seulement le bâtiment dans lequel ils se trouvent, son architecture et ses proportions mais également son histoire, sa construction et l’évolution du site dans son ensemble. Elle peut être touchée par les publics non et malvoyants sur demande auprès du service des publics ou auprès des agents d’accueil. Pour les groupes constitués, des parcours architecturaux et ateliers pédagogiques peuvent être organisés à partir de la maquette.

D’après Une maquette tactile du musée pour les publics non voyants, La Voix du Nord, 4 décembre 2011

 511E_Maquette palais BA Lille.png

Maquette tactile du Palais des Beaux-Arts de Lille © Palais des Beaux-Arts de Lille / Archi-Tact 

 

  • Equiper les espaces d’accueil de sièges et bancs en nombre suffisant pour le repos. Ces mobiliers doivent être de couleur contrastée par rapport à l'environnement immédiat, afin d'être facilement repérables par les personnes malvoyantes[16].

 

 5.1.2  Prêter des matériels adaptés

  • Si une table d’orientation tactile ne peut être installée, proposer aux visiteurs déficients visuels des plans en relief portables. Il existe différentes techniques de fabrication pour ce type de support : thermogonflage (aussi appelé « papier bulle »), thermogravure, gaufrage, embossage, impression 3D etc.[17] ;
  • Mettre à disposition des « aide à la marche » (cannes, déambulateurs, sièges pliants de type trépied etc.) ;
  • Mettre à disposition des fauteuils roulants pour les personnes à mobilité réduite. En effet, celles-ci ne sont pas toutes en possession de ce type de matériel : citons le cas de personnes en situation de handicap temporaire ou encore de personnes âgées et dépendantes qui ne sortent pas souvent. Le cahier des charges relatif aux fauteuils roulants sera déterminé notamment sur la base des éléments suivants :
    • nature du sol sur lequel le fauteuil sera utilisé ;
    • type de public visé (adultes, enfants, personnes âgées etc.) ;
    • circulation dans des passages particulièrement étroits dans un musée/monument historique (moins de 80 cm) ;
    • accès éventuel aux jardins ou au parc attenant.

Il convient par ailleurs de dispenser une brève formation au personnel du musée chargé de manipuler ces matériels et de prévoir la maintenance de ces derniers (usure et gonflage des pneus). Enfin, un projet d’acquisition de fauteuils est inséparable d’une réflexion sur l’accessibilité du cadre bâti.

 

5.1.3  Vendre un billet

Tarifs

Généralement, les musées sont gratuits pour les personnes ayant un handicap. Cette gratuité peut se justifier de trois manières :

  • au nom d’un principe général de « compensation socio-économique » du handicap ;
  • au nom d’une logique d’incitation tarifaire ;
  • pour compenser le déficit éventuel d’accessibilité des collections.

Le principe de la gratuité ne fait cependant pas l’unanimité. L’AFRAHM estime qu’il faut « préférer la gratuité pour l’accompagnateur plutôt que pour les personnes handicapées », peut-être pour ne pas donner à celles-ci l’impression de leur « faire une faveur »[18]. On notera cependant que ce mode de fonctionnement n’encourage pas l’autonomie de la personne handicapée.

Généralement, les services complémentaires (visites-conférences, ateliers, événements etc.) demeurent payants : c’est pour ces services que des adaptations sont parfois nécessaires :

  • les personnes porteuses d’une déficience constituent le plus souvent de petits groupes de visiteurs. Par conséquent, si le musée pratique des tarifs de groupes pour certains services, le seuil, en nombre de personnes constituant le groupe, devra être plus bas que pour un groupe de personnes « valides » ;
  • la gratuité ou le tarif réduit doit être également de mise pour les accompagnants ou les interprètes.

 

Transactions

  • Le terminal de paiement électronique doit être placé entre 80 et 110 cm de hauteur. S’il n’est pas à bonne hauteur, opter pour un modèle sans fil ou avec un cordon extensible ;
  • Veiller à ce que les chiffres 1 à 9 du terminal de paiement électronique soient disposés en carré, alignés de gauche à droite ; le chiffre 5, central, doit être pourvu d’un « picot » en relief et la touche 0 doit se situer sous celle du 8. Les règles de base pour le choix de la police adéquate et des couleurs, évoquées plus bas, sont aussi d’application ici. Le respect de ces normes doit faciliter le repérage tactile pour les personnes aveugles et malvoyantes ;
  • Si un distributeur de tickets d’entrée est installé, il répondra aux caractéristiques définies pour ce type de matériel[19] et sera si possible pourvu d’un système de synthèse vocale:

 

 5.1.4  Prévoir un accompagnement humain

  • Former le personnel du musée à l’accueil des personnes en situation de handicap : sensibilisation au comportement de ces personnes, acquisition de quelques notions de base en langue des signes etc. ;

Au cours de la « Semaine de l’accessibilité », neuf collaborateurs du Musée Maritime de Rotterdam ont effectué  
une visite de leur propre musée les yeux bandés. C’était une manière très concrète de les sensibiliser à l’expérience de visite des personnes aveugles et malvoyantes. « Un atelier très utile qui nous a donné une autre manière d’appréhender les choses », pouvait-on lire sur Facebook.

D’après Maritiem Museum gaat voor toegankelijkheid, www.museum4all.eu, 24 janvier 2013

 

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« Visite en aveugle » au Musée maritime de Rotterdam © Museum4all.eu 

 

  • Si des personnels d’accueil et/ou des personnels en charge de la médiation culturelle sont en mesure de s’exprimer en langue des signes, le signaler via le pictogramme suivant :

514A_pictogramme langue des signes.png 

  • Identifier au sein de l’établissement une personne « référente » pour l’accessibilité.
  • Autoriser l’accès aux chiens guides qui accompagnent les visiteurs déficients visuels mais aussi ceux accompagnant les personnes atteintes d’autres types de déficience ; c’est une obligation légale[20] ;
  • S’agissant de l’accueil des personnes déficientes intellectuelles, on se reportera à la brochure de l’AFRAHM intitulée L’accessibilité au musée pour les personnes déficientes intellectuelles[21]. Ce document met l’accent sur les éléments suivants :
    • préparer en amont les visites destinées à des groupes de personnes porteuses d’une déficience intellectuelle, via une rencontre entre l’interlocuteur du musée et la « personne-relais » (éducateur, assistant social etc.) afin d’accueillir au mieux le groupe et chaque personne en particulier. Il est souhaitable en effet que le guide ait une idée précise des « potentialités et limites de chacun : âge moyen, connaissances préalables, spécificités de la déficience intellectuelle, niveau d’apprentissage etc. On proposera à la personne relais des documents lui permettant de préparer la visite ;
    • éviter les effectifs supérieurs à 15 personnes ;
    • mettre en place des solutions permettant de réduire l’attente au maximum (carte d’accès spécifique, entrée dédiée, réservation préalable etc.) ; faire en sorte que l’accueil soit le plus convivial possible, en prenant le temps de faire connaissance et en utilisant des badges nominatifs pour les membres du groupe et le personnel du musée ;
    • adapter son mode de communication et son comportement : ne pas infantiliser, prendre le temps de l’écoute, être particulièrement expressif quand on parle, chercher le contact du regard, utiliser des mots simples et concrets, éviter la monotonie, favoriser l’autonomie de la personne déficiente ; refuser des comportements envahissants (venir derrière un comptoir…) mais ne pas intervenir à la place de l’éducateur etc.
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[15] Conseils accessibles, « Les guichets adaptés », GAMAH asbl, 2011 / Fiche technique « Les guichets », Plain-Pied asbl, 2004.

[18] L’accessibilité au musée pour les personnes déficientes intellectuelles, Michel Joris, AFRAHM, 2013.

[21] L’accessibilité au musée pour les personnes déficientes intellectuelles, Michel Joris, AFRAHM, 2013

 

5.2.  Scénographie

« L’accessibilité des collections permanentes et des expositions temporaires doit faire l’objet d’un projet global au sein d’un musée. Elle doit impliquer à la fois le directeur, le scénographe, les conservateurs, les régisseurs, les responsables des publics, les architectes, les graphistes etc. »[22].

 

 5.2.1.  Présentation des collections

Circulation des visiteurs et disposition des objets

  • Positionner les éléments de la scénographie de manière à garantir un espace de circulation de 150 cm de large au minimum. Ponctuellement, une réduction de la largeur à 120 cm peut être tolérée sur une distance de moins de 50 cm pour autant qu’il n’y ait pas d’objet exposé à cet endroit ;
  • Eviter le placement de podiums ou d’estrades qui compliquent le cheminement des visiteurs à mobilité réduite. Si de tels dispositifs doivent être mis en place, veiller à permettre leur accès aux personnes en chaise roulante via la pose d’une rampe conforme dont le bord est fortement contrasté pour les personnes malvoyantes ;
  • Prévoir une hauteur de libre passage minimale au niveau des zones de circulation de minimum 220 cm (personnes de grande taille ou déficientes visuelles qui risqueraient de se cogner…). On tolère des réductions ponctuelles de la hauteur à 200 cm maximum mais sur une longueur ne dépassant pas 100 cm ;
  • Dans la mesure du possible, éviter de suspendre des objets sur le parcours du visiteur. Dans tous les cas, les obstacles suspendus dépassant de plus de 20 cm du mur doivent être prolongés jusqu’au sol de manière à ce qu’ils soient détectables par une personne déficiente visuelle se déplaçant avec une canne. Ils seront en outre sécurisés visuellement au moyen d’un contraste de couleur ;
  • Faire en sorte que le visiteur puisse s’approcher des objets présentés sans difficulté : ne pas entraver l’accès par la présence de mobilier, fixe ou mobile (cordons de protection ; panneaux mobiles sur pied etc.) ;
  • Installer des « dalles podotactiles d’éveil à la vigilance » à proximité du mobilier muséographique, des escaliers et de tout autre type d’obstacle saillant ou à hauteur de visage ; ne pas présenter d’objets des collections à proximité d’un escalier ou d’un obstacle saillant ;
  • Afin de permettre aux personnes en chaise roulante de se positionner adéquatement face aux objets exposés, prévoir une aire de rotation de 150 cm minimum face à ceux-ci ;
  • Si la manipulation d’objets présentés est nécessaire, prévoir un espace libre en dessous de la tablette d’exposition, sur le principe des guichets / banques d’accueil évoqués dans la section 5.1.1. Ceci doit permettre aux personnes en chaise roulante de bien se positionner ;
  • Donner la possibilité d’un recul suffisant pour permettre l’utilisation du champ visuel, de jumelles ou de monoculaires ;
  • Disposer les objets de façon aérée, à une hauteur variant entre 90 et 130 cm afin qu’ils soient accessibles aux personnes en chaise roulante, aux personnes de petite taille et aux enfants. La hauteur de perception visuelle idéale est de 120 cm[23] ;
  • Si des éléments sont présentés en 2D, ne pas les disposer à l’horizontale ;
  • Si possible, éviter de recourir à des vitrines pour y disposer des objets : les visiteurs déficients visuels peuvent être gênés par la présence de reflets dus à l’éclairage ou se cogner en se déplaçant. De plus, la vitre empêche les personnes aveugles de toucher les objets en compagnie d’un guide (voir la section « Toucher »).
  • Installer une signalétique adaptée pour que les visiteurs déficients puissent s’orienter aisément dans les différents espaces du musée. Sur ce point, on se reportera aux préconisations de GAMAH asbl[24]. La signalétique aura les caractéristiques suivantes :
    • Hiérarchisation de l’information afin de ne pas « noyer » la personne sous les données : sélection des informations les plus pertinentes ;
    • Uniformisation dans tout le bâtiment ;
    • Recours à des supports mats ; éviter les matériaux transparents, réfléchissants et rétro-éclairés ; ne pas disposer des textes sur une image ou sur un fond hachuré ;
    • Police :
      • unie (sans contour) et simple : éviter les caractères trop étroits ou trop larges, les fioritures, les italiques et l’excès de majuscules ;
      • sans empattement : recourir à des polices de type Arial, Verdana ou Helvetica. Il existe également une police d’écriture spécifiquement conçue pour les personnes malvoyantes, le Tiresias ;
      • avec un espacement suffisant entre les lettres (entre 1/4 et 1/5 de la hauteur des caractères) ;
      • avec un espacement net entre les mots ;
      • d’une hauteur de 4 cm, taille préconisée pour l’orientation dans un bâtiment ; cette hauteur correspondant à celle des majuscules ;
      • présentée avec une couleur mate, en gras, contrastant nettement avec le fond ;
    • Recours à des dessins simples, des logos et des pictogrammes pour compléter l’information écrite. Sur ce point, on s’appuiera sur les préconisations de l’asbl Plain-Pied[25]. Le recours aux pictogrammes est particulièrement utile pour des publics déficients intellectuels ;
    • Equiper les salles de sièges et bancs pour le repos. Ces équipements doivent être de couleur contrastée par rapport à l'environnement immédiat afin d'être facilement repérables par les personnes malvoyantes. Il convient de prévoir au minimum un bloc de deux sièges, à intervalles réguliers, le long des parcours suivis par les visiteurs. Ceux-ci se situeront idéalement tous les 30 m et à chaque étage du bâtiment[26] ;
    • Concevoir un itinéraire conseillé aux personnes à mobilité réduite lorsque certaines salles ne sont pas accessibles en fauteuil roulant. Cet itinéraire présente les caractéristiques suivantes :
      • il évite bien sûr les escaliers ou les pentes trop fortes ;
      • il permet d’effectuer une visite d’une durée raisonnable ;
      • il donne un aperçu représentatif des collections du musée.

Signalétique

Au Musée Fabre de Montpellier, la plaquette « En douceur »  est remise aux personnes à mobilité réduite. Associée à un dispositif signalétique dans les salles, elle propose une série d’itinéraires adaptés. Ces itinéraires reconstituent une visite chronologique et donnent un aperçu des grands ensembles picturaux.

 

Dans le même ordre d’idée, on s’efforcera de proposer aux groupes de personnes déficientes intellectuelles des itinéraires cohérents, évitant de « nombreux changements de direction », lesquels sont source d’anxiété[27].

Luminosité, sonorisation

En matière d’éclairage, on se reportera aux pratiques énoncées par GAMAH asbl[28]. On sera attentif aux éléments suivants :

  • Pour les circulations dans le musée, préférer la lumière naturelle, quand c’est possible. Sinon, prévoir un niveau de luminosité de 100 lux au minimum. Ce niveau doit être porté à 150 lux pour les escaliers, rampes et tapis roulants ;
  • Eviter les contrastes lumineux brutaux d’une salle à l’autre ; le rapport des niveaux de luminosité entre deux salles adjacentes ne doit pas dépasser 5 ; faire en sorte que la lumière souligne les cheminements et les éléments de l’exposition ; éviter les zones de pénombre ;
  • Pour les objets exposés, préférer la lumière naturelle. Sinon, assurer un éclairage diffus et indirect pour éviter les effets d’éblouissement (éblouissement : 1 000 lux) ; éviter les reflets générés par des spots éclairant une vitrine ; éviter les spots tournés vers les visiteurs ; éviter les ombres portées sur les objets eux-mêmes et sur les cartels, notamment lorsque le visiteur s’approche de ces objets. Pour le positionnement des projecteurs, on se conformera à l’exemple ci-dessous, proposé pour des panneaux de présentations :

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Eclairage des collections © Association pour les personnes aveugles ou malvoyantes / Fédération des aveugles et handicapés visuels de France

  • Pour les aménagements muséographiques, utiliser des couleurs contrastées, mais pas en trop grand nombre ;
  • Éviter les éclairages au néon dans les endroits sonorisés ou équipés de téléphone, car ils génèrent des bruits parasites qui perturbent l’écoute des personnes malentendantes appareillées.

En matière de sonorisation, on évitera les sollicitations auditives trop fortes, sources de perturbations pour des personnes malentendantes. Pour des personnes déficientes intellectuelles, il est préférable d’éviter « les sons étranges ou particuliers » susceptibles de « générer de la panique »[29].

 

 5.2.2.  Supports d’information

Notices et cartels

  • Disposer les notices et cartels à une hauteur se situant entre 0,90 m et 1,40 m, sachant que l’information doit également être lisible pour une personne en position assise ; en-deçà et au-dessus, incliner les supports d’environ 30° ; les disposer aussi près que possible de l’objet correspondant mais pas au fond des vitrines ; faire en sorte qu’une personne malvoyante puisse s’approcher (5 à 25 cm) afin d’accéder à l’information ;

 

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Critères d'accessibilité aux présentations muséographiques © Louis-Pierre Grosbois, 1982.

  • Recourir à des supports mats ; éviter les matériaux transparents, réfléchissants et rétro-éclairés ; ne pas disposer des textes sur une image ou sur un fond hachuré ou trop foncé ;
  • Uniformiser le design des notices et cartels ;
  • Faire en sorte que le niveau d’éclairage des notices et cartels soit le même que celui des objets auxquels ils correspondent ;
  • Recourir à une police ainsi caractérisée :
    • unie (sans contour) et simple : éviter les caractères trop étroits ou trop larges, les fioritures, les italiques et l’excès de majuscules ;
    • sans empattement : recourir à des polices de type Arial, Verdana ou Helvetica. Il existe également une police d’écriture spécifiquement conçue pour les personnes malvoyantes, le Tiresias ;
    • avec un espacement suffisant entre les lettres (entre 1/4 et 1/5 de la hauteur des caractères) ;
    • avec un espacement net entre les mots ;
    • présentée avec une couleur mate, en semi-gras, contrastant nettement avec le fond[30] ;
    • d’une hauteur égale à 2% de la distance de lecture, soit 2 cm pour 1 m. Pour des informations plus importantes, les 4% sont recommandés. Lorsque l’affichage est électronique, la hauteur minimale des caractères doit être augmentée de +/- un tiers.
    • Rédiger des textes simples, précis et courts : limiter à une vingtaine de lignes, présentées en colonnes ne dépassant pas 50 caractères ; hiérarchiser l’information afin de ne pas « noyer » la personne sous les données : sélectionner les informations les plus pertinentes. Le cas échéant, les textes seront rédigés conformément aux directives dites « facile à lire » afin d’être plus intelligibles pour des personnes porteuses d’une déficience intellectuelle, pour des personnes peu alphabétisées, pour des personnes de langue étrangère et, de manière générale, pour l’ensemble du public[31]. Ces directives proposent une méthode d’écriture ainsi qu’une série de préconisations que l’on peut résumer aux éléments suivants :
      • usage d’un langage simple, sans détours, ce qui ne signifie pas infantile ou simpliste ;
      • présence d’une seule idée maîtresse par phrase, exprimée au style direct ;
      • absence d’abréviations et d’initiales ;
      • absence de termes trop techniques ; dans le cas contraire, les expliquer ;
      • structure claire et logique ;
      • illustration des abstractions avec des exemples concrets ;
      • explicitation du texte au moyen de photos, images et symboles.

La présence d’informations « faciles-à-lire » peut être signalée par le pictogramme suivant :

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  • Pour les personnes aveugles, prévoir des cartels fixes écrits en braille. L’inclinaison du cartel doit être compatible avec la lecture tactile, soit environ 20° par rapport à l’horizontale. Si possible, on évitera les documents « mixtes » malvoyants/aveugles avec superposition d’une écriture noire et du braille ; ce type de document perturbe la lecture par les malvoyants. Si les textes en braille sont longs – ce qu’il vaut mieux éviter – prévoir une zone de lecture assise. De manière générale, le recours au braille ne doit pas être systématique :
    • le braille n’est maîtrisé que par une minorité de personnes aveugles, comme évoqué dans la section « Déficience, incapacité, handicap » ;
    • le braille est inutile pour commenter un élément qui n’est ni tactile ni sonore ;
    • il vaut mieux éviter l’usage du braille pour un texte trop long.
    • Si le texte des cartels est écrit en plusieurs langues, veiller à les présenter toujours dans le même ordre. On distinguera éventuellement les différentes langues à l’aide de couleurs.

 

Bornes interactives

  • Faire en sorte que les bornes interactives munies d’écrans tactiles soient accessibles à tous et en particulier :
    • aux personnes en chaise roulante ou de petite taille. Les personnes en chaise roulante doivent pouvoir se positionner correctement face à l’écran et accéder facilement au clavier. Pour ce faire, le bord supérieur de la tablette se situera à un maximum de 80 cm du sol et le bord inférieur à un minimum de 75 cm. La profondeur libre sous la tablette sera de 60 cm au minimum. Les dispositifs à manipuler seront idéalement placés entre 80 et 110 cm de hauteur et à un maximum 130 cm. Une aire de rotation de 150 cm au minimum est nécessaire devant la borne.

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Borne tactile © Plain-pied asbl

 

  • aux personnes déficientes visuelles. La personne aveugle confrontée à l’écran tactile à besoin de savoir où toucher et d’être informée des choix possibles et des résultats. Il convient donc d’implanter des repères en relief autour de l’écran. Une sonorisation peut doubler les messages écrits, accessible aux personnes malentendantes via une boucle à induction magnétique, avec les réserves indiquées sur ce point dans la section « Accueil » et dans la section « Entendre ». Pour les personnes malvoyantes, les règles de base pour le choix de la police sont aussi d’application (voir section « Notices et cartels »), de même que le doublage de l’information écrite par des dessins simples.

Au Parlamentarium / Centre des visiteurs du Parlement européen , les bâtiments et les équipements ont été conçus de façon à offrir une accessibilité à toutes les personnes ayant des besoins spécifiques. Les bornes interactives sont accessibles aux personnes à mobilité réduite. On note également à proximité des bornes la présence de dallages podotactiles destinés à prévenir les personnes aveugles de la présence de mobiliers.

 

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Bornes interactives © Union Européenne, 2011 – Source : Parlement européen


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[22] Conservation-restauration et médiation culturelle (Journée d’étude), « Bien accueillir les publics handicapés : l’indispensable transversalité conservation–médiation », Caroline Jules, consultante en accessibilité (www.mediationcultureeleetaccessibilite.fr), MUba Eugène Leroy l Tourcoing, 23 mars 2011.

[23] Conservation-restauration et médiation culturelle (Journée d’étude), « Bien accueillir les publics handicapés : l’indispensable transversalité conservation–médiation », Caroline Jules, consultante en accessibilité (www.mediationcultureeleetaccessibilite.fr), MUba Eugène Leroy l Tourcoing, 23 mars 2011.

[24] Conseils accessibles, « La signalétique », GAMAH asbl, 2011.

[25] Fiche technique « L’information écrite accessible », Plain-Pied asbl, 2004.

[26] Conseils accessibles, « Salle d'attente / Zone de repos », GAMAH asbl, 2012.

[27] L’accessibilité au musée pour les personnes déficientes intellectuelles, Michel Joris, AFRAHM, 2013.

[28] Conseils accessibles, « L’éclairage », GAMAH asbl, 2012.

[29] L’accessibilité au musée pour les personnes déficientes intellectuelles, Michel Joris, AFRAHM, 2013.

[30] Un contraste minimum de 70% est souhaitable. Pour le calculer, on pourra se reporter à la fiche « Couleur / contraste » proposée par Société Logique ou au Guide des bonnes pratiques de mise en couleur, Union professionnelle peintures finitions, 2009.

[31] Conseils accessibles, « Facile à lire », GAMAH asbl, 2012 / La vie des musées (n° 24), Des musées plus accessibles, « Musées et handicap mental », Michel Joris, ICOM Belgique-Wallonie-Bruxelles, 2012 / L’information pour tous – Règles européennes pour une information facile à lire et à comprendre, UNAPEI, 2009.

 

5.3.  Médiation culturelle

Au cours des dernières années, comme en atteste le site www.mediationculturelleetaccessibilite.fr, les initiatives en matière de médiation culturelle pour les personnes en situation de handicap se sont multipliées.

Le recours croissant aux nouvelles technologies est l’une des raisons de cette évolution. Les objectifs en matière d’accessibilité sont autant d’occasions d’innover. A cet égard, les préconisations qui suivent devront faire l’objet de mises à jour régulières. Le professionnel des musées pourra par exemple consulter le site du CLIC qui recense les innovations les plus récentes dans le domaine des nouvelles technologies appliquées à la visite des musées. Il pourra également se rendre au Salon « Autonomies », organisé tous les deux ans en Belgique.

Par ailleurs, il arrive que des dispositifs créés spécifiquement pour tel type de déficience suscitent l’intérêt de publics plus larges. Dans certains cas, ce n’est pas « prémédité ». Mais, de plus en plus souvent, c’est délibéré de la part de l’institution. On assiste ainsi à un « décloisonnement » des contenus qui, après avoir été « spécifiques », redeviennent « universels ». Cette évolution est propre à favoriser l’échange et la rencontre entre les différents types de publics. Elle correspond pleinement aux principes d’« inclusion » et de « conception universelle » évoqués plus haut.

 5.3.1.  Toucher

Les dépliants d’aide à la visite

  • Proposer aux visiteurs aveugles des dépliants / livrets de visite en braille évoquant les collections, avec les réserves suivantes :
    • le braille est inutile pour commenter un élément qui n’est ni tactile ni sonore ;
    • le braille n’est maîtrisé que par une minorité de personnes aveugles, comme évoqué dans la section « Déficience, incapacité, handicap » ;
    • un texte en braille est lu à deux mains ; il faut donc que le visiteur puisse disposer d’une table ou d’un support fixe pour le lire[32], sachant qu’il ne pourra pas, dans le même temps, toucher l’objet décrit.

A défaut d’être réellement pertinent pendant la visite, le support écrit en braille est apprécié des déficients visuels pour être consulté chez soi, en guise de « prolongement » de la visite.

Classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, le Musée Plantin-Moretus est consacré à l'imprimerie et abrite une importante collection d’objets témoignant de la vie de la maison d’édition la plus prolifique d’Europe à la fin du XVIe siècle. Il présente notamment deux des plus anciennes presses d’imprimerie du monde, 90 jeux de caractères complets en plomb ainsi qu’une très riche bibliothèque. Un certain nombre de dispositifs existent pour les personnes déficientes visuelles afin de leur faciliter la visite. On leur remet une brochure très complète écrite en braille.

D’après Aanbod van musea voor blinde en slechtziende bezoekers, www.faronet.be

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Brochure en braille du Musée Plantin Moretus © Museum Plantin-Moretus, Antwerpen / Pierre Hériard

 

L’accompagnement humain

  • proposer au public, voyant comme malvoyant, des visites tactiles et des ateliers de sensibilisation à la découverte tactile des objets. Autant que faire se peut, il est préférable de planifier les visites pour le public déficient visuel à des moments de faible fréquentation. Il vaut mieux éviter de combiner 2 groupes dans la même salle ou trop de passage (surtout en cas de visites de groupes d’enfants). Cela pourrait perturber l’écoute et l’attention des personnes mal ou non-voyantes. Le cas échéant, on prévoira les visites un jour de fermeture. Dans son ouvrage Circulez, il n’y a rien à voir – Guide pratique de l’art du « montrer », Isabelle Vandenbosch énonce en outre des préconisations à l’attention des guides accompagnant des publics déficients visuels dans une découverte tactile[33] :
    • « l’acte tactile sans préparation est inutile (…). Nous devons par une description préalable aider l’installation de cette image mentale » ;
    • ne décrire que des objets et surfaces accessibles au toucher ;
    • ne proposer que peu d’objets à l’acte tactile car les membres du groupes toucheront chacun à leur tour : « il vaut mieux proposer cinq objets accessibles à l’acte tactile, bien à son aise, que dix objets mal préparés », d’autant que la construction d’une image mentale de l’objet est « difficile et fatigante » ;
    • effectuer la découverte tactile avec les deux mains : « le toucher se pratique avec les deux mains pour capter l’espace, le tracé enveloppant de l’objet. Puis les bouts de doigts s’approprient les détails. Si c’est le détail qui prime d’importance, la démarche est inverse mais elle doit toujours être structurée » ;
    • au cours de la découverte tactile, imposer un certain calme dans le groupe afin de favoriser la concentration ;
    • si le thème de la visite s’y prête, jouer sur des sensations telles que le froid (sculptures sur glace), le chaud, le piquant, le gluant, le mouillé etc.

Au musée Flanders Fields, les personnes aveugles et malvoyantes peuvent participer, au sein de l’« espace éducatif », à un atelier au cours duquel on leur raconte l’histoire de la Première guerre mondiale au moyen d’objets issus des collections du musée. Les objets peuvent être touchés au cours de l'atelier.

D’après Aanbod van musea voor blinde en slechtziende bezoekers, www.faronet.be

 

  • Confier le travail de médiation culturelle à un déficient visuel, dans un cadre professionnel ou dans le cadre d’un volontariat ;

A La Louvière, le Musée Ianchelevici adapte les visites guidées de sa collection permanente aux personnes aveugles et malvoyantes. Cette activité est intitulée « Le Musée au bout des doigts ». Une médiatrice culturelle non voyante entraîne le public vers une découverte multi sensorielle des œuvres d’Idel Ianchelevici. Toucher des sculptures, percevoir des dessins et manipuler des outils permet d'appréhender de manière privilégiée l'œuvre d'un des plus grands sculpteurs belges de la seconde moitié du XXe siècle. Parallèlement, des visites de sensibilisation sont proposées aux publics voyants afin de permettre une découverte des œuvres d’art par l’éveil des sens, de favoriser un contact unique entre la personne, la guide et l’œuvre et de susciter réflexion et question sur les thématiques liées au handicap visuel. Notons enfin que le personnel du musée a suivi une formation de sensibilisation aux problématiques de la déficience visuelle, délivrée par  l’Œuvre Fédérale Les Amis des Aveugles et Malvoyants

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Visite tactile pour des personnes aveugles © Véronique Vercheval / Musée Ianchelevici, La Louvière

 

Le M-Museum Leuven a mis en place un dispositif assez proche, avec des visites guidées tactiles animées par une guide elle-même malvoyante. Intitulé Rijk der Zinnen, ce programme est également destiné à tout visiteur désireux de découvrir le monde des personnes aveugles et malvoyantes.

 

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Visite tactile pour des personnes aveugles au M-Museum Leuven © Marc Van Langendonck

 

Le Sint-Janshospitaal associe des déficients visuels au travail de médiation culturelle : « Nous avons pris le parti d’associer autant que possible les déficients visuels, soit en tant que visiteur, soit en tant que collaborateur volontaire » explique la conservatrice Mieke De Jonghe. A cette occasion, l’institution s’est rapprochée du programme Art in the dark qui a pour ambition de favoriser l’accès des déficients visuels aux œuvres d’art mais aussi, plus largement, d’ouvrir la voie à des modes de découverte de l’art autres que purement visuels.

D’après OngeZIENe Rijkdom - Blinde en slechtziende bezoekers openen de blik op kunst en erfgoed, 2009

 

Au Muséum des Sciences naturelle  de Bruxelles, « une extension de la Galerie des Dinosaures a été consacrée à l’installation d’un outil didactique unique et innovant : le PaleoLAB. Fondé sur le principe de l’apprentissage par l’expérience concrète, il permet aux enfants de se mettre dans la peau d’un paléontologue. Le paleoLAB propose une quarantaine d’activités à effectuer individuellement ou en équipe sous la direction d’un animateur du Muséum : déterrer des fossiles authentiques, en manipuler et comprendre comment on les moule, faire correspondre dents et mâchoires de dinosaures, assembler un squelette de stégosaure grandeur nature, composer la carte géologique de la Belgique et de ses gisements fossilifères, provoquer une mini-tempête de sable et constater les mécanismes de l’érosion etc. ». Initialement conçu pour les jeunes publics avec une visée pédagogique, le PaleoLAB présente un intérêt évident pour les publics déficients visuels. La salle du PaleoLAB est « multi sensorielle par excellence »

D’après PaleoLAB, www.sciencesnaturelles.be et La vie des musées (n° 24), Des musées plus accessibles, « Le PaleoLAB, multisensoriel par nature », Dominique Jongen, ICOM Belgique-Wallonie-Bruxelles, 2012


 

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PaleoLAB © Muséum des Sciences naturelles

 

Au Musée provincial Félicien Rops, les activités destinées aux publics déficients visuels ne se cantonnent pas à des visites. Dans le cadre du programme Le musée Rops se donne à voir… sans les yeux !, un stage d’une durée d’une semaine a été organisé sur le thème de la création pastique, en collaboration avec lONA et l’asbl SEL Bleu : « L’idée a germé d’organiser un stage autour de la création plastique, sans pour autant stigmatiser un handicap… C’est pourquoi l’expérimentation des matières et des formes se devait d’être aussi intéressante pour des voyants que des non voyants : le stage était ouvert à tous, désireux de se rencontrer au-delà d’une différence physique, dans une communion de créativité et d’expérimentation ».

D’après Autour de Pornocratès – Carnet de bord d’un stage pour voyants et malvoyants, préface de Véronique Carpiaux, conservatrice du Musée Rops

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Stage sur le thème de la création plastique © Musée Rops 

 

La galerie tactile

  • Mettre en place dans une des salles du musée une « galerie tactile » présentant un échantillon des collections. Mais plutôt qu’une galerie tactile dans une salle dédiée, il est souhaitable d’installer, dans chaque salle, au fil de la visite, une petite section tactile. Un dispositif de ce type permet de préserver la mixité des publics plutôt que de les « cloisonner ». Les galeries / sections tactiles proposeront la découverte d’objets dont les caractéristiques sont les suivantes :
    • soit il s’agira d’originaux dont les conditions de conservation sont compatibles avec une découverte tactile, cette découverte tactile s’effectuant le cas échéant avec des gants très fins, même si cela peut « ôter une part importante des sensations »[34]. Bien entendu, les collections du type œuvres sculptées sont celles qui se prêtent le plus à ce type de projet ;
    • soit il s’agira de reproductions en 3D ou 2D :
      • une maquette (3D) permet de représenter de manière globale un objet, un monument, une scène etc. Elle est élaborée avec des matériaux diversifiés de sorte qu’elle présente des sensations diverses au toucher (rugueux, lisse etc.). Réalisée en 3 dimensions, elle doit être de taille « humaine », afin que l’on s’en fasse aisément une image mentale. Elle est installée à une hauteur maximale de 1,30 m. Elle doit ne comporter aucun élément contondant ;
      • un document en relief (2D) permet de représenter la surface d’un objet du type tableau, gravure, dessin etc. Il doit restituer au mieux les reliefs et les textures de l’objet original, là aussi via le recours à des matériaux diversifiés. On veillera à ne pas le présenter verticalement mais avec une inclinaison adaptée à la lecture tactile c’est à dire environ 20° par rapport à l’horizontale. La société Polymorphe-Design propose sur son site web un focus sur les documents en relief, comportant des détails techniques ainsi qu’une méthodologie de conception.

On pourra également installer des sièges à proximité des objets à toucher car les personnes déficientes visuelles ont besoin de leurs deux mains pour faire cet exercice alors qu’elles sont souvent « encombrées » de leur canne ou de leur chien d’assistance.

 

À l’occasion de la restauration de la Mise au tombeau de Véronèse, le Musée d’art et d’histoire de Genève a mis en place un dispositif exceptionnel de restitution de l’œuvre en 2D et 3D. Ce dispositif est destiné en priorité au public aveugle et malvoyant mais présente aussi un intérêt pour l’ensemble des publics. La maquette en trois dimensions permet de mieux appréhender la scène dans l’espace et favorise une reconstitution mentale de l’œuvre pour les personnes aveugles. La restitution tactile en deux dimensions, aussi appelée « tableau tactile », permet de se rapprocher du format réel de la Mise au tombeau et de mieux comprendre l’iconographie du tableau. Grâce à des textures différenciées, les visiteurs peuvent découvrir par le toucher les différents personnages. Une dalle tactile accompagne ce dispositif et offre aux visiteurs la possibilité de déclencher, par une simple pression, un commentaire audio.

D’après Autour de la Mise au tombeau de Véronèse, www.ville-ge.ch/mah, 2013

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Dispositif pour la Mise au tombeau de Véronèse © Musée d’art et d’histoire, Ville de Genève, Flora Bevilacqua 

 

En complément, on pourra proposer la manipulation des outils et/ou des matériaux qui ont permis la réalisation des objets présentés ou qui sont en relation avec ces derniers.

Le Musée BELvue est accessible aux visiteurs aveugles et malvoyants grâce à un parcours de visite spécialement conçu pour eux. Dans chacune des neuf salles de la collection permanente, des mobiliers spécifiques ont été installés. Ils contiennent des objets évoquant les grandes périodes de l’histoire belge et destinés à la découverte tactile. « Cachés » à l’intérieur du meuble, ils doivent stimuler la curiosité de l’ensemble des publics. Les mobiliers spécifiques comportent également des panneaux proposant des explications en braille et en grands caractères. Un audioguide conçu sur le principe de l’audiodescription peut être téléchargé sur le site web de l’institution.

 

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Mobilier muséographique adapté © BELvue / Pierre Hériard

 

De manière générale, il faut considérer que l’équipement tactile est en soi insuffisant. Il doit être accompagné de l’un des trois dispositifs suivants :

  • accompagnement humain, comme évoqué dans la section précédente ;
  • sonorisation : lorsque l’on touche telle partie de la maquette ou que l’on appuie sur un bouton prévu à cet effet, un message explicatif est émis. Cependant, la sonorisation peut comporter des désagréments, comme indiqué dans la section « Entendre » ;
  • médiation via des outils de types audioguides et audiodescription (voir la section « Entendre »).

 

 

 5.3.2.  Voir

Les dépliants d’aide à la visite

  • Proposer aux publics malvoyants des dépliants / livrets de visite adaptés (utilisation de police, de taille des caractères, de couleurs et de contrastes appropriés). Si les objets présentés sont de très petite taille, proposer des présentations agrandies, schématiques ou en extraire les détails importants ;

 

L’accompagnement humain

  • Proposer des visites en langue des signes conduites par un guide-conférencier sourd. Si l’on ne souhaite pas organiser des visites spécifiques pour ces types de publics, on peut aussi envisager la présence d’un interprète en langue des signes et/ou en LFPC pour traduire le discours du conférencier lors des conférences « tous publics ». Il est souhaitable que l’un et l’autre se soient rencontrés au préalable pour préparer la visite. Comme pour les visites destinées aux déficients visuels, il est recommandé de planifier les visites à des moments de faible fréquentation. En effet, des visiteurs trop nombreux qui se déplacent et viendraient à traverser un groupe de personnes sourdes vont rompre le contact visuel avec le guide qui signe. De même, les vibrations d’un grand groupe passant à proximité peuvent perturber la visite.

Arts et Culture est une asbl spécialisée dans l’accessibilité des lieux culturels par les personnes sourdes et malentendantes. Elle assure les missions suivantes :

  • organisation de visites de musées en langue des signes via un guide sourd ou via un interprète assurant la traduction des commentaires du guide entendant ;
  • expertise en matière d’accessibilité des visiteurs déficients auditifs dans les musées et lieux culturels ; mise en place de partenariat avec ces derniers afin de développer une offre adaptée aux besoins du public cible. A ce titre, l’asbl travaille en partenariat avec le service Educateam des Musées royaux des Beaux-Arts ;
  • rôle d’intermédiaire entre les institutions culturelles et des associations spécialisées en matière de surdité en vue d’élargir les réseaux de communication et d’augmenter la fréquentation des institutions culturelles par les personnes sourdes et malentendantes.

 

Le Musée des Enfants a ouvert les portes de son exposition « 1001 Repères » aux enfants sourds et malentendants. Ce projet comporte en particulier les volets suivants :

  • formation d’animateurs du musée à la langue des signes pour communiquer avec les enfants sourds et malentendants, mais aussi pour éveiller les enfants entendants à cet univers gestuel ;
  • animation en langue des signes, soutenue par le Fonds Elia et la Fondation Roi Baudouin un mercredi par mois, avec la collaboration de l’asbl Passe Muraille.

Ce projet a remporté le prix 2010 du Fonds Elia. Le Fonds Elia soutient des projets permettant aux personnes ayant une déficience de découvrir et de participer à de nouveaux loisirs.

D’après Signes et repères au Musée des Enfants, communiqué de presse, avril 2011

 

Le Musée Saint-Raymond de Toulouse / Musée des antiques a réuni plus de 50 personnes lors de son « Cluedo » géant. Le but était de démasquer le meurtrier de Lucius Pompeius Probus, assassiné en 105 après J-C à Chiragan. Nouveauté et originalité de ce Cluedo 2012, la présence d’une équipe de participants sourds accompagnés de deux traducteurs en langue des signes. « À leurs côtés, on se découvre l'envie de comprendre leur langage, de participer à notre tour au ballet des mains », note-t-on du côté de la direction du musée Saint-Raymond qui ne manquera pas de renouveler l'expérience.

D’après Un cluedo en langue des signes, La Dépêche du Midi, 25 septembre 2012

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Un Cluedo en langue des signes © Musée Saint-Raymond, musée des Antiques de Toulouse

 

 

  • Jouer sur la dimension ludique et esthétique de la langue des signes pour créer des projets de médiations originaux, notamment en direction des enfants ;

Le service Educateam des Musées Royaux des Beaux-Arts propose dans son programme une « Promenade contée, promenade signée », animation qui marie œuvres plastiques, mime et poésie. Au sein des collections, des guides conteurs, sourds et entendants, racontent des histoires simultanément en langue des signes et en français. Ces visites sont destinées aux enfants comme aux adultes, aux personnes sourdes comme aux entendants.

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Promenades contées-signées © Marie-Anne Jacobs / MRBAB 2012

 

Le « visioguide » en langue des signes

  • Pour les personnes sourdes, proposer une visite en langue des signes sur guide multimédia ou via une application mobile accessible sur smartphone ou tablette. Il s’agit d’un contenu vidéo présentant un guide-comédien qui effectue le commentaire des collections en langue des signes. Ce type de dispositif est parfois désigné sous le nom de « visioguide » ou de « vidéoguide ». Pour l’élaboration de tels outils, on se conformera aux recommandations qui suivent :
    • le guide-comédien doit être une personne sourde et non un entendant maîtrisant la langue des signes. Il doit avoir une parfaite maîtrise du vocabulaire spécifique au contenu présenté ;
    • parmi les multiples langues des signes correspondant à la variété des langues des pays et communautés, on choisira bien sûr la ou les langues correspondant aux visiteurs attendus. La « langue des signes internationale » (ISL, International Sign Language) peut être utilisée pour un site accueillant de nombreux visiteurs étrangers ;
    • la visite en langue des signes n’est pas une « traduction pure et simple » de la visite audio. On demandera au guide-comédien sourd de préparer un script spécifique, qui fera ensuite l’objet de l’interprétation en langue des signes ;
    • le tournage doit être effectué en studio, avec un fond neutre afin de faciliter le déchiffrage de la langue des signes sur l’écran du terminal. Il est possible d’ajouter des visuels à condition que le commentaire en langue des signes reste visible et facile à lire. Parfois, cependant, les professionnels préconisent un tournage in situ : en effet, certains mots sont très longs à exprimer en langue des signes et il est nécessaire que le guide-comédien montre les objets qu’il évoque ;
    • le guide-comédien doit porter des vêtements neutres ; on peut cependant jouer avec la couleur des vêtements pour différencier des types de commentaires ;
    • le programme doit être conçu de telle sorte que le visiteur ait alternativement le temps de l’écoute et le temps de l’observation sans qu’il lui soit nécessaire d’activer la fonction pause de son lecteur de manière répétitive ;
    • il peut être intéressant de sous-titrer les « mots-clés » (concepts spécifiques au sujet abordé) en plus des dates et des noms propres ; on demandera au guide-comédien de les épeler. Dans certains cas, il sera peut-être nécessaire de créer de nouveaux mots n’existant pas dans la langue des signes concernée ;
    • il conviendra de former le personnel distribuant les guides multimédias aux rudiments de la langue des signes.

Le Musée d’art et d’histoire de Genève a développé en 2011 un vidéoguide pour la découverte de ses collections permanentes puis, en 2012, un autre vidéoguide consacré à Jean-Jacques Rousseau, afin de célébrer le tricentenaire de sa naissance. La création de ce produit a occasionné la création de nouveaux mots en langue des signes : « un nouveau signe a aussi été créé pour désigner le philosophe et écrivain, à savoir le geste de laisser tomber sa perruque car Rousseau n’aimait pas cet accessoire », a expliqué Stéphane Faustinelli, membre de la direction de la Fédération Suisse des Sourds.

D’après Le musée d’art et d’histoire de Genève lance un vidéoguide pour ses visiteurs sourds, Club innovation & culture France, 14 novembre 2011.

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Vidéoguide du Musée d’art et d’histoire © Musée d’art et d’histoire, Ville de Genève, Olivier Gay-Deslarze

 

 

  • on peut aller dans le sens d’un « décloisonnement » des contenus en rédigeant un seul et même script pour les personnes sourdes, les personnes malentendantes et le grand public. Le script fera l’objet d’une version en langue des signes pour les personnes sourdes, d’une version en voix off pour le grand public et d’un sous-titrage intégral pour les malentendants. Un tel dispositif constitue un moyen de faire découvrir aux entendants la langue des signes et, plus généralement, de les sensibiliser à l’« univers culturel et linguistique » des personnes sourdes.

La Fédération francophone des sourds de Belgique, le service Educateam des Musées royaux des Beaux-Arts, l’asbl Arts et Culture et la société SignFuse ont réalisé un visioguide pour les personnes sourdes et malentendantes destiné à la découverte du Musée Magritte. Le projet a reçu le soutien de la Fondation Roi Baudouin (Fonds Elia), de Samsung  et de la princesse Amaury de Mérode. Ce visioguide présente en langue des signes belge francophone (LSFB), flamande (VGT) et internationale (ISL) une sélection de 21 œuvres de Magritte sur une tablette tactile. Les explications en langue des signes sont accompagnées de sous-titres en français, en néerlandais et en anglais pour permettre à tous les visiteurs sourds, malentendants et « entendants » d’en faire usage. L’objectif est de permettre l’autonomie des personnes sourdes et malentendantes au sein du musée mais aussi de sensibiliser les entendants à la langue des signes et à la culture sourde. Le dispositif ne se cantonne pas à la communication d’informations à propos de René Magritte : il mêle théâtre, poésie et histoire de l’art.

D’après Un visioguide en langue des signes au Musée Magritte ![U19] , www.extra-edu.be

 

Pour l’association Signes de Sens, spécialisée dans les questions d’accessibilité, il convient de « décloisonner » les contenus. On ne produit plus des contenus spécifiques à chaque type de public. On doit tendre vers la réalisation de contenus « universels » accessibles à tous. Ainsi, dans le cadre du dispositif Les experts quai Branly déployé au Musée du Quai Branly, l’association Signes de Sens a eu recours à un seul et même script pour créer une visite enfants sur iPad destinée à la fois aux sourds (langue des signes), aux malentendants (sous-titrage complet) et aux entendants (voix off). Ce type de démarche s’inscrit dans les principes de « conception universelle ». « La question de l'accessibilité n'est pas traitée en fin de production comme une étape finale de traduction des contenus en LSF mais comme une contrainte initiale de conception ».

D’après La vie des musées (n° 24), Des musées plus accessibles, « La technologie au service d’une médiation pour tous ? », Julie Houriez, ICOM Belgique-Wallonie-Bruxelles, 2012.

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Les experts quai Branly © Signes de sens, 2010

 

 

La loupe électronique

  • Encourager les visiteurs malvoyants équipés de smartphones à télécharger des applications du type « loupe » : ce type d’application facilite la visualisation d’objets de petite taille ou de détails.

 

La visite virtuelle

  • In situ, et conformément à un principe dit de « compensation », proposer aux personnes à mobilité réduite un dispositif multimédia permettant de découvrir virtuellement des collections auxquelles elles n’auraient pas accès en raison des contraintes du cadre bâti. Il peut s’agir de l’insertion dans le guide multimédia et/ou l’application mobile d’images correspondant à ces collections. Il peut s’agir aussi de l’installation dans une salle accessible d’un écran présentant les collections concernées. De manière générale, si l’on a recours à une présentation vidéo, faire en sorte qu’elle soit accessible à tous les publics :
    • écran disposé à 120 cm de hauteur, en évitant les risques de reflets. S’il est disposé plus haut ou plus bas, nécessité de l’incliner de 30°. La taille de l’écran est fonction de la distance qui le sépare du visiteur :

Distance écran-visiteur

Taille diagonale écran

1,25 m

32 cm

2,25 m

56 cm

3,25 m

82 cm

 

  • sous-titrage et/ou traduction en langue des signes pour les personnes déficientes auditives ;
  • texte correctement contrasté par rapport au fond pour assurer une bonne lisibilité des sous-titrages ;
  • si le visiteur doit actionner une commande pour choisir la langue et/ou les sous-titrages, cette dernière sera placé entre 80 et 110 cm de haut ;
  • faire en sorte que les différentes informations auditives n’interfèrent pas entres elles ;
  • textes suffisamment précis pour être compris sans les images ;
  • prévoir des dispositifs de type boucle magnétique pour les personnes malentendantes, avec les réserves évoquées sur ce point dans la section « Accueil » ;
  • En amont de la visite, concevoir des dispositifs de visite virtuelle préparant les personnes malvoyantes à la découverte des collections en recourant à un graphisme adapté (utilisation de couleurs et de contrastes appropriés).

Comment rendre accessible le passage de la peinture figurative à la peinture abstraite ? C’est le défi relevé par la Tate Modern lors d’une exposition consacrée à Picasso et Matisse. Créé pour les personnes malvoyantes, le site internet www.tate.org.uk/imap  présente une sélection de tableaux qui sont, au fil d’une animation, « déconstruits puis reconstruits » avec de forts contrastes de couleurs. Le dispositif est accompagné d’un commentaire en audio-description. Des dessins noir sur blanc peuvent être imprimés sur un photocopieur tactile.

 

D’après Patrimoine, affaire classée, « Accessibilité du patrimoine dans le domaine culturel », Marcus Weisen, Directeur du Jodi Mattes Trust for accessible digital culture, Actes du colloque organisé le 27 avril 2012 dans le cadre du salon Autonomies.

 

 

 5.3.3.  Entendre

L’accompagnement humain

  • Accompagner les personnes aveugles ou malvoyantes dans la découverte des collections via la « description verbale », en prenant soin de les planifier comme suggéré dans la section « Toucher ». Isabelle Vandenbosch effectue un certain nombre de suggestions en la matière[35] :
    • être particulièrement attentif à la manière dont on se positionne, physiquement, par rapport aux auditeurs : « si le guide se retourne pour décrire, ayant besoin du support visuel pour nourrir sa description, le son n’ira pas dans la direction des auditeurs et la communication verbale en est altérée. Il est nécessaire de connaître quasi "par cœur" l’objet de la description » ;
    • recourir aux techniques cinématographiques : zoom avant, zoom arrière, contre-plongée etc. ;
    • ne pas hésiter à nommer les couleurs et les nuances, que le public, même aveugle de naissance, peut associer à telle ou telle émotion ;
    • être prudent dans l’utilisation des symboles et des métaphores car ceux-ci impliquent des pré-requis ;
    • pour illustrer le propos, lire le cas échéant un extrait de la correspondance de l’artiste auteur de l’objet exposé ou faire entendre un court extrait musical ayant une correspondance avec l’objet décrit (exploiter les parallélismes, en histoire de l’art, entre tel mouvement pictural et tel courant musical).

Situé à proximité des ruines d’une abbaye bénédictine, le Musée Provincial archéologique d’Ename a ouvert ses portes en 1998. Il présente principalement l'histoire médiévale de cette localité qui fut longtemps à la frontière entre la France et le Saint Empire romain germanique. Le musée propose aux déficients visuels une série de dispositifs pour leur faciliter la découverte des collections parmi lesquels des visites guidées assurées par des guides spécialement formés.

D’après Aanbod van musea voor blinde en slechtziende bezoekers, www.faronet.be

 

Parti du constat que le spectacle vivant n’était pas toujours accessible aux personnes déficientes visuelles, le Centre Ressources Théâtre Handicap a proposé à des élèves des conservatoires municipaux de Paris d’accompagner au théâtre des personnes non voyantes ou mal voyantes (par déficience ou vieillissement) afin de leur chuchoter à l’oreille ce qui se passe sur scène. Ce concept du « souffleur d’images » (© CRTH) privilégie la démarche individuelle par rapport à celle, collective, développée par les associations de personnes handicapées. Il est de plus en plus souvent transposé au monde des musées, par exemple à l’occasion de la Museum Night Fever de Bruxelles : des binômes sont mis en place, comprenant chacun un voyant et un non voyant. Leur rôle n’est pas celui d’un guide. Ils se cantonnent à la description des collections, sur la base d’une méthode spécifique à laquelle ils ont été formés.

D’après Souffleurs d’images : ils prêtent leurs yeux aux aveugles avides de culture, Le Soir, 28 mars 2013

 

  • Pour les visites guidées, proposer aux personnes malentendantes ou âgées des écouteurs ou « audio phone » amplifiant la voie du guide.

 

L’audioguide et les autres terminaux mobiles

  • Proposer des audioguides aux visiteurs : ce type d’équipement, initialement destiné au grand public, est particulièrement apprécié des personnes souffrant de déficiences visuelles et ayant difficilement accès aux documents papier. En la matière, on sera attentif aux éléments suivants :
    • éviter les écrans tactiles ;
    • veiller à ce que les chiffres 1 à 9 du clavier soient disposés en carré, alignés de gauche à droite ; le chiffre 5, central, doit être pourvu d’un « picot » en relief et la touche 0 doit se situer sous celle du 8. Les règles de base pour le choix de la police adéquate et des couleurs, évoquées plus haut, sont aussi d’application ici. Le respect de ces normes doit faciliter le repérage tactile ;
    • distribuer aux personnes malentendantes des « colliers magnétiques » : le principe de la boucle magnétique tel que décrit dans la section « Accueil » existe également, sous forme de « collier », pour des audioguides. Il s’agit d’une boucle magnétique intégrée dans un collier en tissu, portée autour du cou et reliée à l’audioguide via la sortie son de format jack 3,5 mm. La personne malentendante met son appareil sur la position « T-coil » (prothèse analogique) ou en mode « téléphone » (prothèse numérique). Le son est alors parfaitement restitué. Toutefois, comme évoqué dans la section « Accueil », les porteurs de prothèses auditives adaptées à l’usage d’une boucle magnétique n’étant pas majoritaires, le recours à ce type d’équipement ne doit pas être considéré comme indispensable ;

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Collier magnétique relié à un audioguide © Cité de la musique

 

  • Prévoir un « tour de cou » et des écouteurs de type oreillette ou casque pour se libérer les mains le temps des lectures.
  • Exploiter les potentialités des terminaux mobiles de dernière génération en termes d’accessibilité : les tablettes et smartphones sont de plus en plus souvent utilisés en remplacement des audioguides. Certains de ces terminaux sont dotés de fonctionnalités d’accessibilité de type « synthèse vocale » permettant notamment de restituer via l’audio ce qui figure à l’écran.

L’application mobile du Musée Guggenheim de New-York « a été conçue pour être accessible à tous les publics, et notamment aux visiteurs handicapés. Ainsi, des descriptions verbales d’images, les options d’agrandissement de texte et, pour les appareils iOS, la technologie VoiceOver [fonctionnalités de type synthèse vocale] pour les visiteurs aveugles ou ayant une vision déficiente. L’application fournit également des transcriptions pour l’audio et des sous-titrage pour les vidéos (iOS uniquement) pour les visiteurs sourds ou malentendants, et est compatible t-coil »

 

D’après A l’occasion de l’expo James Turrell et avec le soutien de Bloomberg, Guggenheim lance une nouvelle version de son application mobile, Club innovation & culture France, 24 juin 2013.

 

 

L’audiodescription

  • concevoir le cas échéant un contenu de type « audiodescription » pour les personnes aveugles et malvoyantes. Proposés à l’origine dans les salles de spectacles, ces contenus insistent sur la description d’une scène / d’un objet, avant de le commenter. Pour concevoir ces contenus, on se conformera aux recommandations qui suivent :
    • dans la description d’un objet, insister sur des aspects tels que l’identification des éléments constitutifs, les dimensions, les matériaux, les techniques de fabrication utilisées. Veiller cependant à ce que la partie descriptive ne soit pas trop longue, au détriment de la partie commentée ;
    • choisir une voix différente pour chaque type de message : consigne de déplacement ou d'orientation / description / explication ;
    • recréer des ambiances sonores. Le fond sonore doit être limité à 35 dBa ; s’agissant des audiovisuels, on ne dépassera pas 45 dBa ;
    • choisir un parcours comprenant le moins d’obstacles possible ;
    • le cas échéant, associer le contenu à une visite tactile et ménager des temps de silence pour favoriser la découverte tactile.
    • Pour la diffusion des contenus en audiodescription, recourir le cas échéant à une application mobile avec interface simplifiée. Par rapport à un simple fichier audio, un tel dispositif présente les avantages suivants :
    • En termes d’ergonomie, le téléchargement d’une application sur un terminal mobile est beaucoup plus facile que le téléchargement de fichiers audio (ces derniers sont souvent proposés en format zip et doivent être transférés de l’ordinateur au terminal mobile)
    • Les personnes en situation de déficience visuelle sont de plus en plus familières des nouvelles technologies et des fonctionnalités offertes par les smartphones ; il existe en effet des smartphones spécialement adaptés à la déficience visuelle et permettant d’accéder au téléchargement d’applications sur des stores en ligne
    • En recourant à un dispositif et à un matériel comparable à ceux offerts aux visiteurs « valides », on s’inscrit réellement dans une démarche d’inclusion

    On s’appuiera notamment sur l’exemple du Cloître de Cadouin ou sur celui du Musée d’histoire de Nantes 

 

La sonorisation

  • la sonorisation des espaces peut permettre de renforcer l’accessibilité pour les personnes aveugles et malvoyantes. De manière générale, cela peut permettre à l’ensemble des visiteurs de mieux « s’immerger » dans la visite. Le dispositif sera accessible aux personnes malentendantes via une boucle à induction magnétique, avec les réserves mentionnées sur ce point dans la section « Accueil ». Toutefois, comme le rappelle la société Polymorphe-Design sur son site web, la sonorisation peut présenter des inconvénients. Dans un lieu mal isolé, on ne pourra pas utiliser plusieurs bandes sonores à la fois sans qu'elles ne se gênent, à moins de recourir à la technique de la « sonorisation directive ». Le bruit attire le bruit et par conséquent, plus l'ambiance sonore sera forte, plus le public sera dissipé et bruyant. Si la bande sonore comporte des textes, les publics de langue étrangère ne pourront pas les comprendre. Enfin, la présence d’une voix dans une ambiance sonore peut perturber la lecture des cartels et n'est pas accessible aux malentendants. L'ambiance sonore est donc à utiliser avec précaution. Bien souvent, il est préférable de se cantonner à des bruitages d'ambiance : chants d'oiseaux, trafic urbain, cour d'école, eau qui coule etc.

 

 5.3.4.  Sentir et goûter

  • Organiser des visites commentées en invitant le public à être attentif à d’autres types de sensation : ambiances olfactives (odeurs naturelles ou artificielles), humidité (dans un site archéologique par exemple), expériences gustatives si le sujet s’y prête etc. 

Le Bijenteeltmuseum présente le monde des abeilles et de l’apiculture. Le bâtiment est divisé en cellules hexagonales, telles les alvéoles d'un nid d'abeilles. Chaque cellule raconte une partie de la vie des abeilles. Une brochure en braille est mise à disposition des déficients visuels. Mais, surtout, on propose à ces derniers une découverte olfactive et gustative des collections, découverte qui peut aussi se faire via une visite guidée. Le Nationaal Tabaksmuseum propose aux déficients visuels des visites fondées sur le même principe, au cours desquelles les visiteurs peuvent humer les différents tabacs...

D’après Aanbod van musea voor blinde en slechtziende bezoekers, www.faronet.be

 

Au Musée des instruments de musique, les personnes aveugles et malvoyantes peuvent bénéficier d'une visite adaptée à leurs besoins et à leurs désirs, par un contact tactile et auditif avec les instruments. Au cours de la visite, chaque lieu où elles passent est décrit. Le visiteur peut toucher et essayer certains instruments, écouter leurs sons, sentir les matières qui les composent, humer l'odeur de vernis, de colles etc.

 

LAbbaye de Cluny a conçu une mallette « multi sensorielle » à destination des publics scolaires. Conçue en tant qu’outil pédagogique pour les enseignants, cette mallette s’adresse également aux groupes d’enfants déficients. Chaque activité est adaptée grâce à une approche sensorielle : la vue, le toucher mais aussi l’odorat.

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Malette pédagogique © Centre des monuments nationaux

 

La section « jardin des senteurs » est composée de bocaux contenants des boules de coton imprégnées de fragrances, huiles essentielles et épices permettant une reconnaissance olfactive des senteurs de l’époque.

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Malette pédagogique – section « jardin des senteurs » © Centre des monuments nationaux

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[32] Circulez, il n’y a rien à voir – Guide pratique de l’art du « montrer », Isabelle Vandenbosch, SEL Bleu asbl, 2009.

[33] Circulez, il n’y a rien à voir – Guide pratique de l’art du « montrer », Isabelle Vandenbosch, SEL Bleu asbl, 2009.

[34] Circulez, il n’y a rien à voir – Guide pratique de l’art du « montrer », Isabelle Vandenbosch, SEL Bleu asbl, 2009.

[35] Circulez, il n’y a rien à voir – Guide pratique de l’art du « montrer », Isabelle Vandenbosch, SEL Bleu asbl, 2009.

 

5.4.  Communication

Nous n’effectuons pas dans le présent guide les recommandations générales qui s’imposent pour adapter une communication en direction des personnes déficientes (adaptation du site web, de la signalétique, des supports papiers etc.). Il existe déjà sur ce sujet des sources d’informations aussi complètes que pertinentes, destinées à tous les établissements recevant du public (voir les sites www.gamah.be et www.plain-pied.com).

Pour l’accessibilité des contenus web, on se reportera aux normes W3C, quoiqu’elles soient très générales, ainsi qu’au site www.anysurfer.be qui propose des directives et attribue un label. Certaines institutions culturelles proposent également un site web spécifique pour les personnes en situation de handicap : www.handicap.monuments-nationaux.fr ; www.handicap.centrepompidou.fr. Ce type de dispositif fait débat cependant car il ne va pas dans le sens de la « conception universelle ». Le Centre Pompidou envisage pour sa part de rendre accessible le site « tous publics » et de fermer le site spécifique aux personnes porteuses d’un handicap.

En matière de communication, il y a un aspect sur lequel il convient d’insister : les musées doivent impérativement communiquer sur les dispositifs qui ont été mis en place pour améliorer l’accessibilité, en amont (site web) comme sur place (signalétique, dépliants etc.). Voici donc quelques rappels :

  • Communiquer sur l’accès au cadre bâti, notamment avec des pictogrammes : préciser les limites à l’accessibilité, par exemple, l’impossibilité pour une personne en fauteuil d’accéder à certains espaces ou, inversement, la présence d’un ascenseur à tel endroit ;
  • Communiquer sur l’offre culturelle :
    • inscrire les services spécifiques aux personnes porteuses d’une déficience dans le calendrier général des offres culturelles ;
    • indiquer l’existence d’un dispositif de médiation spécifique : trop nombreuses sont les innovations de type « visioguide » qui n’ont pas fonctionné car le public concerné en ignorait l’existence… ;
    • Mettre en œuvre des mesures incitatives pour que les personnes porteuses d’une déficience se rendent plus souvent dans les musées accessibles et lancer des actions de communication en ce sens ;
    • Développer des partenariats avec des associations spécialisées afin d’amener du public.

Si possible, la communication doit être réciproque. Comme suggéré par la société Polymorphe Design, « plus que pour tout autre population de visiteurs, il est important de recueillir les témoignages après visite, pour continuer à proposer une offre adaptée à chacun. Ces retours d’expérience sont autant d’indicateurs sur les besoins réels et futurs de ce public en pleine évolution »[36].

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[36] Les 3 points clé d’une visite adaptée, Polymorphe Design

 

 6.  Financement

6.1.  Services gratuits

 6.1.1.  Réalisation de documents en braille

La Cellule « Egalité des Chances » de la Ville de Bruxelles propose gratuitement la réalisation de documents en braille. Cette cellule est équipée d’un logiciel de traduction de texte vers le braille ainsi que d’une imprimante spécialisée. Les documents proposés à la traduction doivent être cependant d’une taille modeste, sachant qu’à une page de texte correspondent 3 pages de braille.

Informations complémentaires : Cellule « Egalité des Chances »  de la Ville de Bruxelles – Rue de l'Evêque, 3A – 1000 Bruxelles – Tél. : +32 800 18 811 (Numéro d’information gratuit pour les personnes handicapées) – egalitedeschances@brucity.be

La Maison du Néerlandais-Bruxelles  propose gratuitement des formations relatives à l’usage du « Langage clair », concept assez proche du « Facile à lire ». Les formations sont axées sur l'utilisation d'un néerlandais clair, tant à l’oral qu’à l’écrit, et sont données en néerlandais. La Maison du néerlandais propose également de relire des textes rédigés en langage clair.

Informations complémentaires : Maison du Néerlandais-Bruxelles  – Rue Philippe De Champagne, 23 – 1000 Bruxelles – Tél. : +32 2 501 66 60 – Kristien Vanspauwen

 

Il est également conseillé de miser sur les partenariats avec les associations de personnes handicapées. Ce type de partenariat ne se traduit généralement pas par un apport financier mais plutôt par des échanges de services, utiles pour la construction d’un projet (conseil, validation de dispositifs etc.).

 

6.2.  Subventions

 6.2.1.  Auprès des communes

Le plus souvent, au sein des communes, un échevin est chargé de l’égalité des chances et / ou des personnes handicapées. Plus rarement, il existe un service communal assurant des missions dans ce domaine. C’est à ce type d’instance que l’on peut s’adresser dans un premier temps.

La Cellule « Egalité des Chances »  de la Ville de Bruxelles lance chaque année un appel à projet destiné aux asbl actives dans le domaine de l’égalité des chances. A l’origine, il s’agissait surtout de soutenir des actions de sensibilisation réalisées auprès du grand public. Plus récemment, ce sont des projets destinés directement aux personnes en situation de handicap qui ont été soutenus, et parfois des projets culturels. Des dizaines de dossiers sont retenus chaque année et reçoivent chacun une somme maximum de 2 000 €. L’appel à projet est lancé vers le 15 janvier et est clôturé vers le 15 mars.

Informations complémentaires : Cellule « Egalité des Chances »  de la Ville de Bruxelles – Rue de l'Evêque, 3A – 1000 Bruxelles – Tél. : +32 2 279 21 10 – Courriel : egalitedeschances@brucity.be

 

 6.2.2.  Auprès des régions et communautés

La Commission communautaire française (COCOF, Direction d'administration des Affaires culturelles et du tourisme) conçoit actuellement un « Plan culturel pour Bruxelles » dans lequel le thème de la participation culturelle est central. A ce titre, cette institution encourage les initiatives en matière d’accessibilité. Elle ne dispose pas de ligne budgétaire spécifique mais il arrive que des projets soient financés, avec des montants oscillant entre 2 000 € et 5 000 €. Un formulaire de demande de subvention est disponible sur le site de la COCOF.

Informations complémentaires : Commission communautaire française – Cabinet du ministre en charge de la cultureCécile Vainsel, conseillère – Botanic Building, Boulevard Saint-Lazare, 10 – 12e étage – 1210 Saint-Josse-ten-Noode (Bruxelles) – Tél. : +32 2 506 34 11

 

 6.2.3.  Auprès des institutions européennes

La piste des fonds structurels européens peut présenter un intérêt pour des musées souhaitant développer des projets en matière d’accessibilité. Parmi les 11 objectifs thématiques arrêtés pour la période 2014-2020 en matière de politique de cohésion, 3 sont susceptibles d’être en lien avec la thématique de l’accessibilité :

  1. « Recherche et innovation » ;
  2. « Technologies de l'information et de la communication » ;
  3. « Inclusion sociale et lutte contre la pauvreté ».

 

  • Le Fonds social européen (FSE) est le principal instrument financier utilisé par l’Union européenne pour investir dans le « capital humain » et pour améliorer la situation des personnes les plus vulnérables. Pour la période 2014-2020, le FSE interviendra en particulier sur l’objectif thématique intitulé « Inclusion sociale et lutte contre la pauvreté ». A Bruxelles, ce fonds est géré à la fois par la région et par les communautés linguistiques. Cependant, en matière de handicap, les communautés orienteront en priorité ce fonds vers des activités concernant la formation professionnelle et l’emploi des personnes porteuses d’une déficience ;

 

  • Le Fonds européen de développement régional (FEDER) a pour vocation de renforcer la cohésion économique, sociale et territoriale dans l’Union européenne. Pour la période 2014-2020, le FEDER interviendra notamment sur les 3 objectifs thématiques mentionnés ci-dessus. A Bruxelles, ce fonds est géré par la région de Bruxelles Capitale. Les financements sont attribués sur la base d’appels à projets. Toutefois, les problématiques culturelles n’étant évidemment pas centrales dans la gestion du FEDER, les chances d’éligibilité d’un projet muséal demeurent marginales.

 

Informations complémentaires : Ministère de la Région de Bruxelles-Capitale - Secrétariat général – Cellule Coordination et Gestion du FEDER – CCN (Nord Etage 3) – Rue du Progrès, 80 – 1035 Schaerbeek (Bruxelles) – Tél. : +32 2 204 17 61 – Courriel : feder@mrbc.irisnet.be

 

 6.2.4.  Auprès de la Loterie nationale

Au titre du sponsoring, la Loterie nationale  affecte une parte de ses recettes à des opérations événementielles dans le domaine du sport et de la culture. Au titre des subventions elle soutient « un large éventail de secteurs d’activités à vocation humanitaire, sociale, sportive, culturelle, scientifique et favorisant le prestige national ». Ces subventions sont attribuées soit par l’Etat fédéral soit par les communautés dans le cadre des compétences qui sont les leurs. S’agissant de la communauté française, les demandes de financement doivent être adressées au service « Loterie nationale », en mettant l’accent sur la dimension culturelle du projet concerné. La décision est prise non pas sur la base d’appels à projets ou d’axes thématiques spécifiques mais après examen d’un dossier dont les pièces sont listées sur le site du service (formulaire spécifique, budget, descriptif du projet etc.).

Informations complémentaires : Ministère de la Fédération Wallonie-Bruxelles – Cécile Godart – Service de la Loterie nationale – Boulevard Léopold II, 44 – 1080 Molenbeek-Saint-Jean (Bruxelles) – Tél. : +32 2 690 88 72 –loterie.nationale@cfwb.be

 

 6.2.5.  Auprès de Toerisme Vlaanderen

L’organisme Toerisme Vlaanderen a pour mission de promouvoir le secteur du tourisme en Flandre et à Bruxelles. Via le déploiement des « Impulsprogramma's », il soutient diverses initiatives en matière de développement touristique. Il peut s’agir de projets d’infrastructures, de projets numériques ou d’événements. La thématique de l’accessibilité entre en ligne de compte dans l’attribution de la subvention. En 2012, ce sont 86 projets touristiques qui ont été soutenus pour un montant total de 16,7 millions d’euros. Toerisme Vlaanderen peut également faire réaliser des diagnostics d’accessibilité, dans les limites de planning et de budget qui sont les siennes. Les informations relatives à l’accessibilité du site sont ensuite mentionnées sur le site web Toegankelijk Vlaanderen.

Informations complémentaires : Toerisme Vlaanderen – Els LowyckService Impulsprogramma's – Rue du Marché aux Herbes, 61 – 1000 Bruxelles – Tél. : +32 2 504 03 89 – GSM : +32 497 38 71 86 – Courriel : impuls@toerismevlaanderen.be

 

6.3.  Mécénat et sponsoring

 6.3.1.  Quelques principes

La recherche de soutiens au titre du mécénat et du sponsoring est bien sûr un exercice difficile. On effectuera cependant quelques recommandations en la matière :

  • Opter pour une approche « croisée » : la présentation du projet sous un angle uniquement culturel n’est pas forcément pertinente ; en fonction des interlocuteurs et de leurs objectifs, il sera peut-être plus pertinent de présenter un dossier sous l’angle social, sous l’angle éducatif voire sous l’angle de l’innovation ;
  • Solliciter des entreprises dont le cœur de métier est en lien avec le handicap : à Dijon (France), le parcours tactile du Jardin des sciences a bénéficié d’un soutien des sociétés Essilor et Optic 2000 ;
  • Chercher des soutiens autres que financiers : des entreprises pourront être intéressées :
    • par un apport en nature : soutien d’une activité via la fourniture de matériel donnant une visibilité au produit vendu par l’entreprise ; au Musée Magritte, la visite en langue des signes sur tablette est proposée sur des matériels mis à disposition par Samsung ;
    • par un apport en compétences : mise à disposition gratuite de salariés de l’entreprise pendant leur temps de travail. Exemple : une entreprise spécialiste de l’éclairage met à disposition son personnel pour l’installation des éclairages d’une exposition ;
    • par un apport technologique : soutien d’une activité via la technologie utilisée ou produite par l’entreprise. Cette forme de mécénat est très utilisée dans les domaines de la recherche scientifique, du handicap et de l’archéologie.

 

 6.3.2.  Quelques interlocuteurs incontournables

Prométhéa

Fondée en 1985, l’asbl Prométhéa a pour ambition de développer le mécénat d'entreprise dans le domaine des arts et du patrimoine. A l’attention des acteurs culturels, Prométhéa assure une mission d’information, joue le rôle de relais auprès des entreprises et organise régulièrement des « ateliers-conseils » pour former au mécénat d’entreprise.

 

Mécénat d’entreprise

Le site Mécénat d’entreprise est une plateforme de rencontre entre le monde associatif et le monde de l’entreprise. Il recense :

  • les noms d’entreprises mécènes actives en Belgique, leur plan d’action en mécénat, les formes de mécénat dans lesquelles ces entreprises sont actives ainsi que leurs coordonnées complètes ;
  • les noms des principales associations soutenuespar les entreprises présentes sur le site, la description de leur domaine d’intervention, les noms des entreprises qui les soutiennent par année, et leurs coordonnées complètes. Parmi les associations mentionnées se trouvent par exemple :
    • Ados Pilifs, école dispensant une pédagogie adaptée à l’autisme, soutenue par BNP Paribas Fortis Foundation ;
    • FAMISOL, soutenue par Belgacom ;
    • Le Musée d'Ixelles, soutenu par Thalys ;
    • Le musée Wiels, soutenu par AG Insurance.

 

La fondation Roi Baudouin

Géré par la Fondation Roi Baudouin, le « Fonds Elia » soutient des projets proposant aux personnes à mobilité réduite des « découvertes originales en matière de loisirs touristiques, culturels et sportifs ». L’expression « personnes à mobilité réduite » doit ici être entendue au sens large : sont aussi concernées les personnes ayant une déficience intellectuelle, motrice ou sensorielle. Chaque année, une vingtaine d’activités sont financées sur la base d’un appel à projet, avec pour chacune, une somme pouvant s’élever jusqu’à 15 000 €. Au cours des dix années d’existence du fonds, un certain nombre de musées ont bénéficié d’un tel soutien :

  • Fédération francophone des Sourds de Belgique : « Créer pour le Musée Magritte un visioguide en langue des signes et avec sous-titrage, destiné au public sourd et malentendant » ;
  • Art&Marge : « Faire participer activement des personnes avec un handicap mental à la réalisation d’une valise pédagogique pour le musée, les inviter à une visite guidée avec des personnes non déficientes » ;
  • Musée provincial Félicien Rops : « Le Musée Rops se donne à voir ...sans les yeux ! ; (à l'intention des personnes souffrant d'un handicap visuel, organisation de visites guidées, d’ateliers créatifs et d’un stage artistique résidentiel d'une semaine au musée) ;
  • Musées royaux d’art et d’histoire : « Réalisation d'une nouvelle exposition pour les personnes en déficience visuelles et réaménagement de la salle par l'achat d'un nouveau mobilier plus confortable » ;
  • Het Huis van Alijn vzw : « Rendre le musée plus accessible aux visiteurs aveugles et malvoyants » ;
  • Musée des enfants : « Ouvrir le musée et les activités aux personnes déficientes auditives ».

 

CERA

CERA  est un groupe financier coopératif qui s'investit dans la société. Cet organisme exerce en outre une « mission sociétale » en soutenant des projets reflétant ses valeurs : coopération, solidarité et respect de l’individu. A ce titre CERA intervient dans 7 domaines d’activité dont 3 sont susceptibles d’intéresser des responsables de musée souhaitant développer l’accessibilité :

  • Inclusion sociale et lutte contre la pauvreté ;
  • Art et Culture ;
  • Services et soins à la collectivité.

Des « conseils consultatifs régionaux » se réunissent régulièrement pour décider de soutenir financièrement des projets sociétaux régionaux, sans passer par la logique de l’appel à projet. Sont éligibles des asbl présentant un dossier dans les conditions indiquées sur le site Internet de CERA, 1 mois au plus tard avant la date de réunion du conseil consultatif compétent sur le territoire concerné. Les projets retenus reçoivent une somme d’argent pouvant aller jusqu’à 2 000 € environ. A Bruxelles, le Musée de la Médecine a reçu un soutien de ce type.

Informations complémentaires : CERA  – Projets sociétaux – Kris Debruyne – Ladeuzeplein 15 – 3000 Leuven – Tél. : +32 16 27 96 74

 

Cap 48

CAP 48 est une organisation fondée en 1957 qui, en lien avec la RTBF, permet la récolte de fonds destinés principalement aux personnes en situation de handicap en Communauté française. Des appels à projets sont ouverts chaque année entre la mi-avril et la mi-juillet. Sont éligibles des asbl proposant des projets favorisant l’intégration des personnes porteuses d’une déficience. Les projets soutenus sont de nature très variée (investissements, charges de personnel, services etc.) et concernent tous les types de handicap. Le montant global distribué dépend des résultats de la campagne de récolte de fonds organisée un fois par an à l’automne. En 2012, sur près de 200 dossiers présentés, 76 ont été retenus. Ils ont bénéficié chacun d’une somme moyenne de 25 000 €.

 

Eeckman Art & Insurance

Cabinet de courtage européen spécialisé dans le secteur de l’art, Eeckman Art & Insurance a acquis en trois générations une réputation d’excellence dans le conseil en assurance à destination du monde de l’art. Ce courtier et consultant en assurances propose aux collectionneurs privés, aux professionnels de l’art et aux institutions culturelles des solutions adaptées qui privilégient la qualité du service, la flexibilité et la discrétion. Appréciés comme spécialistes par les compagnies d'assurance et les professionnels de l'art, Eeckman Art & Insurance s’adresse aux personnes partageant ses valeurs et une même passion pour l'art. Collectionneurs, gestionnaires de patrimoines, professionnels, musées ou institutionnels trouvent en Eeckman Art & Insurance un interlocuteur qui comprend, analyse et propose des solutions innovantes et adaptées. Dans un monde de l’art en rapide mutation, Eeckman Art & Insurance consolide et exporte son savoir-faire et ses services adaptés aux travers de ses bureaux de Bruxelles, Anvers, Genève et Paris. Fidèle à l’esprit de son fondateur, Eeckman Art & Insurance apporte également son soutien aux musées, aux institutions culturelles et à la création artistique au travers de partenariats ou d'actions de mécénat culturel sur le plan international. La société Eeckman Art & Insurance a notamment été partenaire du colloque « Des musées (plus) accessibles » qui s’est tenu à Bruxelles en novembre 2011.

 

 6.3.3         Le financement participatif

Les dispositifs de « financement participatif », également appelés « crowdfunding » connaissent un succès croissant dans le secteur culturel. Il s’agit de récolter des fonds auprès du grand public afin de financer un projet spécifique. Ce type d’opération s’effectue souvent via des sites Internet dédiés. Sur le site, le promoteur présente son projet et indique le montant dont il a besoin pour le réaliser. A l’inverse du mécénat « traditionnel », le principe du financement participatif veut que de nombreuses personnes investissent chacune un petit montant. Les sommes investies ne vont au promoteur que si le montant total a été réuni dans un délai fixé à l’avance. A défaut, ces sommes sont restituées aux investisseurs particuliers. Si la somme nécessaire est réunie et que le projet est mené à bien, les investisseurs ont droit à une compensation ou à une participation convenue aux bénéfices. Dans le secteur culturel interviennent par exemple les plateformes www.mymajorcompany.com en France et www.voordekunst.nl aux Pays-Bas. Les initiatives en ce sens tendent à se développer en Belgique[37].

www.museum4all.eu est un « guide de musée en ligne », spécialement conçu pour les déficients visuels. Il propose de nombreuses informations sur les musées accessibles à cette catégorie de population. Via une opération de crowdfunding réalisée sur le site www.voordekunst.nl, l’organisme est parvenu à collecter une somme de 4 500 € qui sera affectée à la mise en ligne d’un site Internet accessible de nouvelle génération. Ce site comprendra une base de données des musées accessibles et offrira aux visiteurs la possibilité de donner leur avis sur ces musées et d’échanger conseils et expériences.


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[37] Crowdfunding: une source de financement complémentaire ou alternative pour votre entreprise, www.desseille.be

 

6.4.  Les prix

Il existe en Belgique comme au niveau international un certain nombre de prix récompensant les initiatives muséales les plus remarquables. Les critères d’accessibilité ne sont pas absents dans le choix du jury pour l’attribution de ces prix :

  • Le site Internet du Prix des Muséesprécise que « pendant la procédure de sélection, le jury prend en considération tous les aspects relatifs aux activités du musée, en accordant une attention particulière au renouvellement du public. Les lauréats seront invités à réinvestir leur gain dans des projets qui attirent un nouveau public : les enfants et les jeunes, les personnes handicapées, les personnes défavorisées etc. ». GAMAH asbl est partenaire de ce prix et fournit au jury un rapport d'évaluation de l'accessibilité ;
  • Le Forum européen des musées décerne chaque année plusieurs prix : le European museum of the year award, le Council of Europe Museum Prize, le Kenneth Hudson Award et le Silletto Award). Le jury estime que les besoins des visiteurs sont au cœur des missions d’un musée. L’un des objectifs du Council of Europe Museum Prizeest d’inciter à l’élargissement des publics en tenant compte de leur variété du point de vue « de l’âge, des catégories socioprofessionnelles, de la diversité linguistique et des situations de handicap » ;
    • L’Académie européenne des musées attribue chaque année trois prix d’excellence à des musées : le European museum academy prize, le Luigi Micheletti Award et le Children's Museum Award. Parmi les critères de sélection figurent certes l’accès au cadre bâti mais aussi les efforts des candidats concernant les déficiences sensorielles (programmes pour personnes sourdes et aveugles notamment).

 

L’asbl Cap 48 attribue également un Prix de l’entreprise citoyenne qui récompense des organismes qui se sont distingués par leurs efforts en matière d’accessibilité. Ce prix a été remis en 2010 aux Musées royaux des Beaux-Arts, pour les réalisations de du service Educateam.

 7.  Sources

Accès sourds, accessoire ? Guide pour améliorer l’accès à l’information pour les personnes sourdes, Michel Joris, APEDAF, 2011.

Aires Libres (n° 10), « Patrimoine, affaire classée ? », GAMAH asbl, novembre 2011.

Aires Libres (n° 3), « Cécité, surdité et culture ? », GAMAH asbl, juin 2008.

All inclusive - kunsteducatie en publieksbemiddeling voor personen met een handicap (Journée d’étude), LASSO, décembre 2008.

Charte des droits fondamentaux, Union européenne, 7 décembre 2000.

Circulez, il n’y a rien à voir – Guide pratique de l’art du « montrer », Isabelle Vandenbosch, SEL Bleu asbl, 2009

Classification Internationale du Fonctionnement, du handicap et de la santé (CIF), IMS, 2001

Conseils accessibles, « Equipements publics », GAMAH asbl, 2012.

Conseils accessibles, « Facile à lire », GAMAH asbl, 2012

Conseils accessibles, « L’éclairage », GAMAH asbl, 2012.

Conseils accessibles, « La signalétique », GAMAH asbl, 2011.

Conseils accessibles, « Les guichets adaptés », GAMAH asbl, 2011.

Conseils accessibles, « Salle d'attente / Zone de repos », GAMAH asbl, 2012.

Conservation-restauration et médiation culturelle (Journée d’étude), « Bien accueillir les publics handicapés : l’indispensable transversalité conservation–médiation », Caroline Jules, consultante en accessibilité (www.mediationcultureeleetaccessibilite.fr), MUba Eugène Leroy l Tourcoing, 23 mars 2011.

Convention relative aux droits des personnes handicapées et Protocole facultatif se rapportant à la Convention relative aux droits des personnes handicapées, Assemblée générale de l’ONU, 13 décembre 2006.

Critères d’accessibilité répondant aux besoins des personnes ayant une déficience visuelle, « Couleur / Contraste », Société Logique, mars 2012

Crowdfunding: une source de financement complémentaire ou alternative pour votre entreprise, www.desseille.be

Culture et handicap - Guide de l’accessibilité, Ministère de la culture et de la communication (France), 2007.

Décret relatif à l’accessibilité aux personnes handicapées accompagnées de chiens d’assistance des établissements et installations destinées au public, Région wallonne, 23 novembre 2006.

Décret relatif à l'intégration sociale et professionnelle des personnes handicapées ainsi que ses arrêtés d’exécution, Commission communautaire française, 4 mars 1999.

Directive 2000/78/CE portant création d’un cadre général en faveur de l’égalité de traitement en matière d’emploi et de travail, Union européenne, 27 novembre 2000.

Enjeux : le poids et le sens des mots, Plateforme Annonce Handicap.

Enquête de santé par interview. Belgique, 2001, IPH/EPI Reports N°2002-22, Livre 2, Etat de Santé : Limitation de l'activité et restriction de la participation, pp.419-814, Institut scientifique de la santé publique et Institut national des statistiques.

Fiche technique « L’information écrite accessible », Plain-Pied asbl, 2004.

Fiche technique « Les guichets », Plain-Pied asbl, 2004.

Fiche technique « Les personnes à mobilité réduite : un marché à saisir ? », Plain-Pied asbl, 2009

Guide des bonnes pratiques de mise en couleur, Union professionnelle peintures finitions, 2009.

L’accessibilité au musée pour les personnes déficientes intellectuelles, Michel Joris, AFRAHM, 2013.

L’information pour tous – Règles européennes pour une information facile à lire et à comprendre, UNAPEI, 2009.

La culture : les personnes handicapées y ont-elles accès ?, Plain-Pied asbl, 2009.

La vie des musées (n° 24), Des musées plus accessibles, ICOM Belgique-Wallonie-Bruxelles, 2012.

Les 3 points clés d’une visite adaptée, Polymorphe Design.

Les déficiences motrices, Sophie Goujon, Académie de Caen.

Loi relative aux allocations aux personnes handicapées ainsi que les lois et arrêtés la modifiant, Etat fédéral, 27 février 1987.

Loi tendant à lutter contre certaines formes de discrimination, Etat fédéral, 10 mai 2007.

OngeZIENe Rijkdom - Blinde en slechtziende bezoekers openen de blik op kunst en erfgoed, David Mellaerts, Jan Dewitte, Rieke Jacobs, 2009

Patrimoine et handicap - Des clés pour adapter les visites des sites culturels et naturels, Mission d’Ingénierie Touristique Rhône-Alpes, 2009

Patrimoine, affaire classée, « Accessibilité du patrimoine dans le domaine culturel », Marcus Weisen, Directeur du Jodi Mattes Trust for accessible digital culture, Actes du colloque organisé le 27 avril 2012 dans le cadre du salon Autonomies.

Protocole entre l’Etat fédéral, la Communauté flamande, la Communauté française, la Communauté germanophone, la Région wallonne, la Région de Bruxelles-Capitale, la Commission communautaire commune, la Commission communautaire française en faveur des personnes en situation de handicap - Protocole relatif au concept d’aménagements raisonnables en Belgique en vertu de la loi du 25 février 2003 tendant à lutter contre la discrimination et modifiant la loi du 15 février 1993 créant un Centre pour l’égalité des chances et de lutte contre le racisme, 19 juillet 2007.

Règlement régional d’urbanisme - Titre 4 : Accessibilité des bâtiments par les personnes à mobilité réduite, Région de Bruxelles-Capitale, 21 novembre 2006.

Résolution 3447 proclamant la Déclaration des droits des personnes handicapées, Assemblée générale de l’ONU, 9 décembre 1975.

Résolution 47/3 instituant la Journée internationale des personnes handicapées, Assemblée générale de l’ONU, 7 octobre 1992.

Résolution ResAP(2001) 1 sur l'introduction des principes de conception universelle dans les programmes de formation de l'ensemble des professions travaillant dans le domaine de l'environnement bâti, Conseil de l’Europe, 2001.

Stratégie européenne 2010-2020 en faveur des personnes handicapées : un engagement renouvelé, Communication de la Commission européenne, 15 novembre 2010.

Toegankelijk publiek domein - Vademecum, Enter vzw, juin 2013.

Toegankelijke Cultuur (Journée d’étude), Vlaamse overheid, Departement Cultuur, Jeugd, Sport en Media, mai 2012.

Traité d’Amsterdam modifiant le traité sur l’Union européenne, les traités instituant les communautés européennes et certains actes connexes, Union européenne, 2 octobre 1997.

 8.  Remerciements

 

Le Conseil bruxellois des musées remercie

les partenaires du Guide pratique de l’accessibilité


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NOTRE PATRIMOINE EST UNE RICHESSE. LE PRÉSERVER EST UN ART.

 

Sensibilisés au milieu de l'art, Eric et Marc Hemeleers représentent la troisième génération de dirigeants et d'actionnaires d'Eeckman Art & Insurance. Notre cabinet de courtage et de souscription en assurances jouit depuis longtemps de la reconnaissance des meilleurs marchés internationaux. Nous consolidons et exportons aujourd'hui notre savoir-faire aux travers de nos bureaux belge, français et suisse.

Appréciés comme spécialistes par les compagnies d'assurance dont le marché des Lloyd’s (Axa Art, Catlin, Hiscox, Nationale Suisse et XL) et les professionnels de l'art, nous nous adressons aux personnes partageant nos valeurs et une même passion pour l'art. Collectionneurs, gestionnaires de patrimoines, professionnels, musées ou institutionnels, trouvent en nous un interlocuteur qui comprend, analyse et propose des solutions innovantes et adaptées.

Fidèles à l'esprit de notre fondateur, Léon Eeckman, nous apportons également notre soutien à la création artistique au travers de partenariats ou d'actions de mécénat culturel.



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Depuis plus de 50 ans, Veranneman Audiologie est actif et reconnu dans le monde de l’audiologie. Nous adaptons des appareils auditifs et distribuons des appareils médicaux dans toute la Belgique. Mais nous avons aussi acquis une vaste expérience dans le monde de la culture : Veranneman est accompagne de nombreux festivals de musique, concerts et autres événements.

 

Veranneman Audiologie s’attache à augmenter le confort des personnes malentendantes. Ceci à l’aide de dispositif de transmission du son, sans fil, vers l’appareil auditif. Les solutions proposées sont installées dans tous les bâtiments publics et notamment dans les centres culturels, les salles de concerts, les guichets, les cinémas, les écoles, les musées ainsi que les transports publics. La présence de ces solutions est indiquée par le symbole suivant :

 

 

Le Conseil Bruxellois des Musées remercie

les relecteurs du Guide pratique de l’accessibilité

 

Maud Caillot (Polymorphe Design), Anne Clossen (Arts et culture asbl), Philippe Debacker (Phare / Personne Handicapée Autonomie Recherchée), Myriam Dom (Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique), Corentin Dussart (Ministère de la Région de Bruxelles-Capitale - Cellule de Coordination et de Gestion du FEDER), Miguel Gerez (AMT Concept), Pieter Ghijsels (Toerisme Vlaanderen), Michel Joris (Afrahm), Kimberley Parée (Musée Ianchelevici), Maud Real (Audition Confort), Christopher Robinson (Parlamentarium-Centre des visiteurs du Parlement européen), Erik Smagghe (Veranneman Audiologie), Laurence Tonglet (Plain-Pied asbl), Hildegarde Van Genechten (FARO - Vlaams steunpunt voor cultureel erfgoed vzw), Marie-Ange Vandecandelaere (GAMAH asbl), Isabelle Vandenbosch (SEL Bleu asbl).

 

Le Conseil Bruxellois des Musées remercie

les institutions et personnes ayant apporté leur expertise au Guide pratique de l’accessibilité

 Archi-Tact (Isabelle Dapzol), Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (Roberto Fasino), Cap 48 (Isabelle Gilbert), Centre Pompidou (Gonzague Gauthier), Centrum Toegankelijkheid Provincie Antwerpen (Karlien Smets), CERA (Kris Debruyne et Christophe Kevelaer), Château de Versailles (Marie-Armelle Hoyau), Club innovation et culture France (Pierre-Yves Lochon), Commission communautaire française (Gilles Poupart et Cécile Vainsel), Eeckman art&insurance (Selin Eskin), European Museum Academy (Massimo Negri), Fédération des aveugles et handicapés visuels de France (Nadine Dutier), Fédération Francophone des Sourds de Belgique (Marie-Florence Devalet et Nadine Szajner), Fédération Wallonie-Bruxelles (Cécile Godart), Fondation Roi Baudouin (Sarah Reyn), Forum européen des musées, Louis-Pierre Grosbois, Het Huis van het Nederlands Brussel (Kristien Vanspauwen), Huis van Alijn (Wendy Van Hoorde), ICOM Belgique/Wallonie-Bruxelles (Barbara Allard), Intro VZW (Fanny Yde), Middelheimmuseum (Greet Stappaerts), Fédération Wallonie-Bruxelles, Service du patrimoine culturel (Nathalie Nyst), Musée Belvue (An Lavens et Mathilde Oechsner), Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique (Caroline Van Meerbeek), Muséum des Sciences naturelles (Gérard Cobut), Museum Sint-Janshospitaal (Mieke De Jonghe), Museum voor Schone Kunsten Gent (Lies Ledure) Ophrys Systèmes (Noémie Godard), Phare / Personne Handicapée Autonomie Recherchée (Dominique Dugnoille), Plain-Pied (Véronique Elias), Signes de sens (Julie Houriez), Sycomore (Jean-Yves Boutisseau et Marie Jaux), Toerisme Vlaanderen (Sara Lefèvre et Els Lowyck), Ville de Bruxelles (Erik De Dijn), Vlaamse Gemeenschapscommissie (Chantal Brems), Westkans vzw (Michiel Vanhauwaert).

 

 

Le Conseil Bruxellois des Musées remercie

les institutions ayant mis à disposition des visuels pour le Guide pratique de l’accessibilité

 

Centre des monuments nationaux (Virginie Goutayer), Cité de la musique (Bénédicte Capelle-Perceval et Gaëlle Kervella), M-Museum Leuven (Sabine Leemans), Musée Belvue (Mathilde Oechsner), Musée d'art et d'histoire de la Ville de Genève (Angelo Lui et David Matthey), Musée Ianchelevici (Valérie Formery), Musée provincial Félicien Rops (Sophie Laurent), Musée Saint-Raymond de Toulouse / Musée des antiques (Lydia Mouysset), Muséum des Sciences naturelles (Donatienne Boland), Museum4all (Karlijn De Winter), Palais des Beaux-Arts de Lille (Elisabeth Vanyper), Pam Ename (Maurice Cornelis et Marie-Claire Van der Donckt), Parlamentarium-Centre des visiteurs du Parlement européen (Christopher Robinson), Publiekswerking Museum Plantin-Moretus (Odette Peterink), Signes de sens (Julie Houriez).

 
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